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La bibliothèque idéale de Rodolphe Christin 

vendredi 18 décembre 2009, par Rodolphe Christin

Ma bibliothèque idéale n’existe plus. Elle s’est dispersée au gré des déménagements, victime des aventures et des mésaventures. Elle est à rassembler. Livres endormis dans les cartons sur le sol d’une maison amie — Monts du Lyonnais. Livres alignés sur les rayons d’une étagère, dans un grenier dont les fenêtres donnent sur des falaises calcaires et des forêts d’épicéas — massif de Chartreuse. Livres chez les parents et les amis qui veillent sur eux. Livres absents. Ils ne me manquent même pas, ils commençaient même à m’encombrer. Trop de livres. Il faudra que je les récupère un jour.

Pour l’heure je puise dans le fonds partagé, le bien commun des bibliothèques municipales. Je reste léger.

Je lis des livres nomades, de passage. Ils arrivent et repartent. Ils ne laissent de traces que dans ma mémoire.

Pas tous.

L’ancien texte de 2005 :

La bibliothèque idéale, donc celle que je n’ai pas encore, que je pourrais avoir, que je n’aurai peut-être jamais. Disons qu’elle m’accompagne déjà, mais en partie seulement.

Le reste puise à l’imaginaire.

Voici un lieu ouvert aux amis et aux gens de passage qui parfois trouvent-là de quoi se nourrir, en sympathie. Ils empruntent, pourvu qu’ils rendent.
Les autres passent librement leur chemin.
Sise entre deux troncs d’arbres vivants, les livres y reposeraient rangés sur des étagères de planches mal équarries, parfois sur des plaques de roches éclatées par le gel, lorsque leur poids ne risquerait pas de faire sombrer tout l’ensemble.

Les arbres la soutenant continueraient tranquillement de croître, entraînant au fil des années les livres vers le haut. Il faudrait donc veiller à de réguliers réaménagements, de manière à tenir les livres à portée de main.
En laissant les planches, même lorsque celles-ci deviendraient hors de portée, cette bibliothèque idéale ferait progressivement office d’échelle. Elle permettrait de monter au ciel, de partir en voyage en sortant par le toit, à la manière d’un chaman bibliophile.

Davantage que simple distraction, la lecture ne doit-elle pas ouvrir la conscience du lecteur ?

Vous l’aurez compris, je rêve d’une bibliothèque vivante, active, délivrée de cette passivité morne que l’on trouve dans certains lieux dédiés aux livres.
On y entendrait voler les mouches en été, le craquement du feu en hiver, le goutte à goutte de la neige qui fond au printemps, le vent chargé de feuilles en automne. On y entendrait de grands éclats de rire les jours de fête, parfois le plaisir de l’amour.

Bibliothèque évolutive :

Dans le désordre :

Les domaines :
Tous les domaines : poésie, philosophie, sociologie, anthropologie, économie, livres de voyages, spiritualité, quelques romans...
Quelques auteurs :
Henri-David Thoreau, Jack London, Jack Kerouac, Gary Snyder, Jim Harrison, Richard Brautigan, Peter Mathiessen, Moritz Thomsen,...
Ivan Illich, François Partant, Serge Latouche, Mircéa Eliade, Kenneth White, Karl Polanyi, Pierre Rabhi, Gilbert Durand, Gaston Bachelard, Gilles Deleuze, René Guénon, Gregory Bateson, Edgar Morin, Aldous Huxley, Guy Debord, James Lovelock, Eduardo Galéano, Bruce Bégout, Jacques Brosse, Ramana Maharshi,...
Alexandro Jodorowski, Luis Sépulvéda, Nicolas Bouvier, Oleg Ermakov, Erri de Luca, Knut Hamsun, Pierre Mac Orlan, Victor Segalen, Anita Conti,...
Arthur Rimbaud, André Velter, René Char, Tomas Tranströmer, Alexandre Romanès, Walt Whitman, Antonin Artaud, Blaise Cendrars, ...
Pas tous . Quelques titres :

Pastorale transsibérienne,
Paroles Perdues,
La Figure du dehors,
L’usage du monde,
Baltiques,
La crise du monde moderne,
Le Léopard des neiges,
L’Arbre-Seul,
Sur la route,
La simplicité volontaire,
La pratique sauvage,
Le Chamanisme ou les techniques archaïques de l’extase,
La Voie du Tarot,
Traité du vide parfait,
Tao Te King,
Le rêve du papillon,
Trois chevaux,
Sens dessus dessous,
Smilla ou l’amour de la neige,
Les roses d’Atacama,
Allumer un feu,
Que la crise s’aggrave,
La ferme sur le rio Esmeraldas
L’océan, les bêtes et l’homme,
Vagabonds,
Théorie et pratique des rivières,
...
Une bibliothèque où l’on va puiser à la source, où la main part comme le seau au puits.
Une bibliothèque pour demeurer, pour partir aussi.

Février 2005

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