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Vietnam : après un homicide à la dioxine, un écocide aux OGM 

Les multinationales agrochimiques sur la sellette

lundi 13 janvier 2014, par Pierric Le Neveu

Des centaines de milliers de victimes de l’Agent Orange/Dioxine utilisé par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam, leurs familles et leur descendance, dont beaucoup survivent en marge de la société dans des conditions extrêmement difficiles, un peu plus de 50 ans après les premiers épandages, ont cruellement besoin d’aide !

L’Agent Orange est un herbicide dont la population vietnamienne, ainsi que les descendants de vétérans américains victimes des épandages aériens effectués de 1961 à 1971 pendant la guerre du Vietnam, subissent encore les effets sous forme de handicaps monstrueux atteignant les troisième et, maintenant, quatrième générations... Or, des herbicides et des pesticides, commercialisés par les multinationales qui ont conçu et fabriqué l’Agent Orange, terriblement agressifs contre la nature et la santé des populations, sont aujourd’hui utilisés partout dans le monde et contaminent jusqu’au contenu de nos assiettes..!

Cherchons l’erreur !

Le Vietnam, hélas, n’échappe pas, un peu plus de 40 ans après la fin de la guerre, à ce nouveau fléau, à l’instar, à des degrés divers, des États-Unis, de nombreux pays d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie et de l’Inde, aujourd’hui.

Un récent reportage "Envoyé Spécial" diffusé sur France2 en novembre 2013, sur l’élevage de pangas dans le delta du Mékong au Vietnam, un poisson de culture industrielle intensive (50.000 tonnes en 1996, 400.000 tonnes en 2006 et 600.000 tonnes en 2010), un poisson à la chair sans odeur et sans saveur (qu’on peut accommoder avec les sauces du monde entier) élevé dans des conditions sanitaires déplorables, bourré d’antibiotiques, nourri aux farines animales dans des eaux traitées aux pesticides, mais vendu à bas prix chez nous par la grande distribution ; un reportage qui a su récemment frapper les esprits en mettant en lumière des pratiques contre nature.

Une façon de faire ni plus ni moins contestable que celle de ces cultivateurs qui livrent leurs champs à la mer, ravageant les zones côtières et le delta du Mékong dans le sud du pays pour élever des crevettes dans des conditions tout aussi douteuses, sur des terres auparavant dévolues à la culture du riz ; une façon de faire qui révèle des pratiques d’entreprises souvent totalement dénuées de scrupules, seulement motivées par le profit immédiat et l’appétence des consommateurs des pays importateurs pour des prix toujours tirés vers le bas.

Les comportements affligeants de ces producteurs sont malheureusement reproduits dans tous les secteurs alimentaires.

Des "lanceurs d’alertes" avertis des risques sanitaires liés à l’utilisation des pesticides, des observateurs (indépendants) de la vie agricole, des amoureux du Vietnam, des expatriés informés en visite dans leurs familles ou des touristes sensibilisés au drame de l’Agent Orange, témoignent de pratiques agricoles irresponsables dont les Vietnamiens devraient être les premiers, en connaissance de cause, à vouloir se préserver.

Depuis 1990, des fabricants de produits chimiques phytosanitaires ont apparemment su convaincre des responsables vietnamiens du développement agricole des "bienfaits" des pesticides et des plantes génétiquement modifiées avec un argumentaire bien rôdé vantant l’augmentation de la production et la facilitation du travail dans les champs.

Ils ont été tellement convaincants, que l’utilisation desdits pesticides, encore expérimentale en 1990 a été multipliée par trois à partir de cette date, en moins d’une dizaine d’années, pour concerner bientôt environ 70% des surfaces cultivées, objectif avoué du ministère de l’agriculture avant 2020. Des distributeurs ou des fabricants locaux, par centaines, inondent le marché de ces produits chimiques sans en préciser la dangerosité pour ceux qui les stockent et qui les manipulent, dans un premier temps, et bien évidemment pour ceux qui consomment les céréales, fruits et légumes ainsi traités, dans un second temps.

Dans un article publié en juin 2001, Viet Nam News affirmait déjà que le trop grand enthousiasme des agriculteurs pour les herbicides et les pesticides empoisonnait des milliers d’ouvriers agricoles et causait des dommages graves à l’environnement.

La production de fruits au Vietnam, selon cbgnetwork.org, connaît depuis la fin des années 80, une croissance continue en passant d’environ 200.000 hectares de surfaces cultivées en 1988 à 450.000 en 2001, l’importation de pesticides augmentant parallèlement, selon Paul van Mele, chercheur au centre britannique Cabi Bioscience, de 600% entre 1991 et 1998 alors qu’ils étaient pratiquement inexistants jusque dans les années 80.

Des témoignages alarmants font état de la banalisation des publicités pour les pesticides, comme celui de ce voyageur indigné qui me confie : "Que penser du retour en grande pompe de Monsanto au Vietnam avec notamment son maïs OGM dont les publicités ornent sans vergogne des centaines de maisons en bordure de la route N°6 entre Hoa Binh et Son La ?... Surtout lorsqu’on connait le contentieux du pays avec cette firme. On peut aussi se poser la question des conséquences plus globales sur l’environnement en découvrant la déforestation massive effectuée, par exemple, entre Mai Chau et Moc Chau pour cultiver du mais OGM (Monsanto ou autres d’ailleurs car toutes les firmes de l’industrie chimique produisant des OGM sont présentes au Vietnam aujourd’hui)"...

Et le Sud n’est pas en reste puisqu’un article publié par Vietnam Economic News, le 3 janvier 2014, nous apprend que l’accroissement de surface cultivée de maïs, de 73.000 hectares à 1,23 millions d’hectares, se fait avec l’introduction de nouvelles variétés de maïs transgénique à haut rendement.

Déjà Zonebourse en juillet 2008, dans le même esprit, nous apprenait que le Vietnam était, avec 2,4 millions de tonnes, le premier importateur asiatique de tourteaux de soja destinés à l’alimentation de son bétail et que, compte tenu de la dimension stratégique de ces enjeux, Hanoi avait décidé de prendre le "buffle par les cornes" et d’orienter le pays vers la "production massive" de soja, coton et maïs OGM... Ces cultures génétiquement modifiées devaient être étendues à marche forcée dès 2010, l’objectif étant qu’elles représentent 70 % de la production totale à l’horizon 2020. L’auteur de l’article signalait qu’il était particulièrement intéressant de souligner, au demeurant, que les autorités vietnamiennes étaient parfaitement conscientes de ne pas être à même de garantir que la production de masse de ces produits ne présentait aucun risque sanitaire et qu’il s’agissait donc clairement d’un arbitrage stratégique.

L’utilisation excessive d’engrais et de produits chimiques par les agriculteurs vietnamiens a fait l’objet, en présence de représentants du travail et de l’agriculture, le 4 Décembre 2009 à Hanoi, d’un communiqué avertissant que les agriculteurs avaient tendance à utiliser beaucoup plus de produits chimiques que nécessaire, dépassant ainsi les doses considérées comme sûres, entrainant, selon les experts, des maladies incurables, le cancer et même la mort. La teneur estimée en pesticides à l’hectare dans la région du delta de la rivière Hong dans le Nord dépassait 2,81 fois les niveaux autorisés et 3,71 fois dans le delta du Mékong.

Une enquête réalisée par l’Université nationale de Hanoi avait révélé que parmi 15 à 29.000.000 d’agriculteurs utilisant des pesticides de manière habituelle dans le pays, 70% d’entre eux développaient des problèmes de santé, les médecins déclarant que les intoxications par les pesticides conduisaient à un taux de mortalité extrêmement élevé chez ces agriculteurs qui, ne réalisant pas les dangers des produits chimiques, vaporisaient des pesticides toxiques souvent sans protection et utilisaient parfois des quantités plus importantes que celles prescrites en pensant accroître leur production.

Que faut-il penser, encore, quand, le 2 octobre 2013, Vietnam Economic News rapporte que le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural a organisé ,en collaboration avec l’ambassade des États-Unis au Vietnam, la sixième conférence annuelle intitulée "Vietnam Biotech : Cultivons l’avenir" au cours de laquelle biotechnologies et cultures génétiquement modifiées ont été les deux grandes questions abordées ?... Que penser, encore, de cette déclaration simultanée du professeur Paul Teng : "Si la sécurité alimentaire du Vietnam repose encore fortement sur la production agricole, l’application de la biotechnologie et la mise en culture des OGM sera la force motrice essentielle qui permettra de résoudre les problèmes de sécurité alimentaire. Le Vietnam pourra produire du maïs, du riz et d’autres aliments en plus grande quantité sur la même surface..." ? Ce même professeur affirmant en outre que : "la mise en culture OGM permettra également de diminuer l’impact sur le changement climatique par la réduction des émissions de gaz à effet de serre grâce à l’utilisation réduite de pesticides et d’herbicides" !.. Lors-même qu’on constate aujourd’hui, partout où les OGM sont largement implantés (États-Unis, Amérique du Sud, Afrique, Inde...), que les mauvaises herbes et les insectes ravageurs apprennent à résister aux herbicides/pesticides, obligeant les cultivateurs à multiplier la fréquence des épandages par deux ou par trois dans la même année ! Des épandages par ailleurs effectués dans beaucoup de pays à l’aide d’insecticides interdits chez d’autres à cause de leur particulière nocivité démontrée.

Le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural aurait, enfin, décidé, toujours selon VNE, de reconnaître les qualités de cinq variétés de maïs, y compris les BT11, GA21, MON98034, NK603 et TC1507, de charger le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement de la bio-sécurité, puis de stimuler l’investissement et la recherche sur les OGM par le renforcement de la gestion et de la formation des ressources humaines, l’évaluation de la sécurité biologique pour les variétés de maïs et de riz dans les champs devant faire l’objet d’attentions particulières...

L’OMS réclame en janvier 2014 par l’intermédiaire de scientifiques, Dung Tri Phung, Des Connell, Greg Miller, Shannon Rutherford & Cordia Chu : "la nécessité d’améliorer les réglementations sur les pesticides au Viet Nam où l’utilisation de pesticides agricoles a plus que triplé depuis 1990, cependant que la législation et les réglementations en la matière n’ont pas été développées en phase avec cette importante augmentation. Il en résulte que les pesticides représentent aujourd’hui une grave menace pour la santé humaine et l’environnement". Cet appel insiste enfin sur la nécessité d’améliorer les réglementations en matière de pesticides à travers une analyse comparative de ces réglementations au Viet Nam et aux États-Unis d’Amérique, où le taux d’intoxication aiguë parmi les travailleurs agricoles est nettement moins important qu’au Viet Nam et où l’information sur les réglementations des pesticides est accessible au public.

Ce qui ne constitue, en fait, qu’un minimum acceptable...

Le contenu, ci-après, de cet "édito" emprunté à combat-monsanto.org résume la situation au regard de la santé et indique une direction à prendre, peut-être parmi d’autres, pour tenter de redresser la situation avant qu’il ne soit définitivement trop tard :

Une population rurale empoisonnée par les pesticides.

La toxicité des pesticides et autres engrais chimiques sur la santé humaine n’est pas une découverte récente puisque déjà en 1962, la biologiste Rachel Carson, dans son ouvrage « Silent Spring » (Printemps Silencieux), avertissait des effets néfastes des pesticides sur la santé humaine et animale. Pourtant, quarante ans plus tard, il n’y a aucune classe de produits connus pour sa toxicité qui soit utilisés de façon aussi massive que les agrotoxiques.

Certains pesticides ont été découverts dans les laboratoires militaires durant la seconde guerre mondiale pour être utilisés comme des armes chimiques, tels que les insecticides de la famille des organophosphorés, comme le DDT, d’abord conçus comme un gaz neurologique. Cela concerne aussi des herbicides comme le 2,4,5-T, employé pour la déforestation de la jungle vietnamienne et connu sous le nom d’Agent Orange, un best-seller de Monsanto ayant empoisonné sans distinction la population vietnamienne et les soldats US. Aujourd’hui encore, la dioxine contenue dans l’Agent Orange est la cause de nombreux décès et de malformations graves chez les nouveaux nés vietnamiens.

La population rurale et les agriculteurs premières victimes de pesticides

L’Organisation Mondiale de la Santé estime que chaque année se produit dans le monde un million d’intoxications aiguës causées par l’exposition à des pesticides, avec un taux de mortalité entre 0,4% et 1,9%. Dans 70% de ces cas mortels, l’intoxication est survenue dans la cadre professionnel, faisant des agriculteurs les premières victimes directes de ces poisons.

Aujourd’hui ce sont les expositions chroniques à ces produits chimiques qui inquiètent les scientifiques et les consommateurs. L’exposition continue à de nombreuses molécules chimiques utilisées en agriculture, et que l’on retrouve présentes dans notre alimentation, favoriseraient le développement de certains cancers, d’altération du système nerveux et de troubles de la reproduction.

Dans un récent rapport sur les liens entre pesticides et cancer, l’INSERM affirmait que « les pesticides sont retrouvés dans tous les compartiments de l’environnement et peuvent donc conduire à une exposition de la population générale par les aliments, l’eau de boisson, l’air intérieur et extérieur et les poussières de la maison. »

Repenser l’agriculture

Par conséquent il serait peut être temps de repenser le dogme de l’agriculture industrielle née de la révolution verte, et dont les OGM ne sont que le dernier avatar, pour stopper cette fuite en avant vers le tout chimique. Pourquoi ne repenserions nous pas notre modèle agricole en fonction de sa raison d’être éternelle, à savoir l’alimentation de la population pour son bien être, et non plus pour le bénéfice des chantres de l’agrochimie s’engraissant sur notre obésité malboufféenne. Cela demandera sans doute l’implication de chacun afin de reprendre les commandes de notre alimentation, en réclamant une agriculture paysanne et raisonnée pour une alimentation saine et sans OGM. La souveraineté alimentaire commence sur nos marchés et dans nos cuisines".

-/-/-

Il m’est difficile, pour conclure, de ne pas établir un parallèle, bien que s’agissant de contextes très différents de guerre ou de paix, entre ces produits chimiques toxiques dont les conséquences terribles observées sur la santé des populations suite aux épandages d’Agent Orange/Dioxine effectués pendant la guerre par l’armée américaine, d’une part, et les risques plus récents liés à l’utilisation, voire trop souvent à la sur-utilisation, au stockage, à la manipulation d’herbicides et de pesticides par des exploitants ou des travailleurs agricoles trop insuffisamment informés, dont les effets dommageables à l’homme pourraient être confondus avec ceux de l’Agent Orange/Dioxine, d’autre part.

Il n’est pas question de sous-estimer les risques liés à la consommation des céréales, des fruits et des légumes ainsi (mal)traités, sans oublier la chair des animaux marins, terrestres ou autres volatiles qui en ont été nourris, ainsi que tous les aliments préparés dont l’étiquetage ne mentionne pas obligatoirement la nature et la provenance des ingrédients qui entrent dans leur processus d’élaboration. Il me paraît nécessaire et urgent de désigner nommément tous les responsables : décideurs, fabricants et exploitants, afin d’empêcher que leurs agissements délictueux ne se perpétuent.

Nous sommes en fin de compte confrontés en temps de paix, et le simple fait d’y penser est effrayant, à un homicide doublé d’un écocide perpétré par l’industrie agro-chimique-alimentaire, et ce constat établi sur l’incapacité de l’homme à s’appliquer, au nom du profit immédiat, des règles de partage, de respect de l’autre et de la nature, m’amène insidieusement à douter de la pleine valeur d’une action qui reviendrait en partie, pour les associations d’aide aux victimes, à soigner des brûlures causées par un feu que la cupidité de multinationales sans foi ni loi alimenterait sans relâche en toute impunité !

Homicide : Un homicide est l’action de tuer un autre être humain. Dans la majorité des sociétés, quelle qu’en soit la raison, l’acte d’homicide est considéré comme l’un des crimes les plus graves pouvant être commis.

Ecocide : Un écocide est un acte de destruction ou d’endommagement important d’un écosystème, notamment par l’exploitation excessive de celui-ci dans le but de subvenir à d’autres processus ou systèmes.

P.-S.

Voir en ligne : http://www.faaod.fr/

En logo, une photographie prise en Thaïlande, le 2 septembre 2009 : "La culture rizicole traditionnelle d’Asie du Sud Est a été mise à l’honneur avec la présentation d’une œuvre d’art géante entièrement faite de riz issu de l’agriculture biologique : une occasion pour Greenpeace d’interpeller ces gouvernements afin qu’ils se positionnent contre le riz génétiquement modifié." (source)

2 Messages de forum

  • Pierric Le Neveu affirme ceci :

    “… des herbicides et des pesticides, commercialisés par les multinationales qui ont conçu et fabriqué l’Agent Orange, terriblement agressifs contre la nature et la santé des populations, sont aujourd’hui utilisés partout dans le monde et contaminent jusqu’au contenu de nos assiettes..!
    Le Vietnam, hélas, n’échappe pas, un peu plus de 40 ans après la fin de la guerre, à ce nouveau fléau, à l’instar, à des degrés divers, des États-Unis, de nombreux pays d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie et de l’Inde, aujourd’hui. »

    Et l’Europe ? Ce continent serait-il miraculeusement épargné de ce fléau ? Il y a pourtant des études affirmant le contraire http://www.youtube.com/watch?v=hQ7z... Ceci est une émission française traitant de l’élevage de poisson en Norvège. A-t-on des émissions norvégiennes parlant des pesticides dans l’élevage des poissons en France ? Est-on sûr que la France est préservée de ce fléau ?

    Affirmer que les conséquences des pesticides pourraient être « confondues » avec les effets néfastes de l’Agen Orange est complètement absurde. Pierric Le Neveu a-t-il compris que l’Agent Orange n’a rien à voir avec les pesticide utilisés aujourd’hui, à la fois par la concentration des substances toxiques utilisés et par la quantité du produit déversé ?

    Contrairement à ce qu’affirme Pierric Le Neveu, en répandant l’Agent Orange au VN entre 1961 et 1971, les USA n’ont pas commis simplement un homicide mais bien un crime contre l’humanité. Ce poison a provoqué des centaines de milliers de malformation parmi la population locale pendant au moins 4 générations. Ce n’est pas encore terminé, le crime contre l’humanité est imprescriptible.

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    • Vietnam : après un homicide à la dioxine, un écocide aux OGM 24 janvier 2014 11:55, par pierricleneveu

      Cher Lenang,

      Accordez-moi la faveur de ne pas interpréter mes propos, et ne nous perdons pas en de vaines polémiques quand le sujet est aussi grave, quand un homicide, aussi bien qu’un écocide, sont bien évidemment des crimes contre l’humanité, quand les herbicides et autres pesticides, même moins concentrés, utilisés partout dans le monde (ce qui n’exclut naturellement pas l’Europe et encore moins la France, un des premiers utilisateurs européens - voyez notre page Facebook www.facebook.com/pages/FaAOD...), ne sont que les tristes descendants de l’Agent Orange qui a si cruellement éprouvé, et qui continue de la faire, le Vietnam et sa population...

      Le fait qu’aujourd’hui les multinationales agro-chimiques-alimentaires aient réussi dans un tel contexte à persuader autorités et paysans vietnamiens de s’abandonner au "mirage" des promesses de ces produits toxiques, alors que des "séquelles" bien réelles liées à leur utilisation, comparables à celles de l’Agent Orange, sont identifiées et observables ailleurs dans le monde (en Amérique du Sud, dans les pays qui ne l’ont pas interdit, par exemple), sans oublier les dommages socio-économiques collatéraux, est tout simplement effarant !

      ...Et ce cercle vicieux est entretenu par l’introduction, par ces mêmes multinationales, de plantes génétiquement modifiées brevetées (il faudra acheter chaque année les semences) dont le principal intérêt est de faire vendre des herbicides/pesticides que la nature, en les contournant, rend de moins en moins efficaces, obligeant les cultivateurs à multiplier les épandages... Jusqu’à quand et avec quelles conséquences sur la santé des paysans et des consommateurs ?

      Pierric Le Neveu.

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