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La poésie et la mort 

Cristallisation de la mort de l’ipséité aimé et exaltation du verbe dans Les Contemplations de Victor Hugo et dans l’Œuvre poétique de Léopold Sédar Senghor

lundi 13 juin 2016, par Daouda DIOUF

La mort a toujours été l’un des sujets de prédilection de la littérature. Des romanciers, des dramaturges comme des poètes ont fait de la mort un thème et une source d’inspiration de leurs œuvres. Tel est le cas de Victor Hugo et de Léopold Sédar Senghor qui, après la mort de leurs enfants chéris se sont adonnés à une profonde réflexion philosophique sur ce sujet. De leur aventure intellectuelle sont nés des poèmes qui nient la mort et chantent la toute puissance divine. Toutefois le résultat de leur travail consiste en la célébration de la poésie et en une invitation à la jouissance du langage. Ces similitudes entre le poète romantique et le chantre de la Négritude autorisent à faire une analyse comparée de leur situation de père endeuillé et de leur pouvoir du verbe.

Introduction

A la lecture des Contemplations de Victor Hugo et de l’Œuvre poétique de Léopold Sédar Senghor, on remarque aisément que ces deux œuvres sont marquées par le thème de la mort. Le poète romantique comme le poète de la Négritude fait de la mort un sujet de méditation profonde pour saisir le sens de la vie. De fait, les disparitions prématurées de Léopoldine et de Philippe-Maguilen ont permis à ces deux poètes de renom de mettre à nu le tragique de la destinée humaine. Ils théâtralisent dans leur poésie le drame de leur situation de père traumatisé par la mort de leur enfant chéri. Toutefois, par-delà la mort, ces poètes, malgré leurs divergences raciales, ethnique, culturelle et esthétique convient le lecteur à une célébration du verbe. Voilà pourquoi dans cette étude nous cherchons à décrypter l’attitude des poètes devant la mort et les mystères de la poésie afin de saisir en profondeur le sens et la signification du trépas. Ce qui nous amène à formuler ces interrogations : comment se comportent Hugo et Senghor face à la réalité tragique de la mort ? La poésie constitue t-elle un remède contre la mort ? Dans une démarche comparative, l’analyse se fera en deux phases : en premier lieu, il s’agira de mettre à nu le drame des poètes à la perte d’un être cher et en second lieu, de révéler les pouvoirs mystiques de la poésie.

I. Cristallisation de la mort de l’ipséité aimé

La cristallisation de la mort de l’ipséité aimé révèle une double facette de la personnalité hugolienne et senghorienne. Hugo comme Senghor adopte deux attitudes vis-à-vis de la mort qui reflètent leur image d’être écartelé par le désir de jouir de la vie immédiate et leur acception d’une mort-renaissance synonyme d’un salut dans l’au-delà.

1. Le refus de la mort

Dans Les Contemplations de Victor Hugo comme dans l’Œuvre poétique de Senghor, la présence de la mort provoque une certaine inquiétude et appelle une profonde méditation philosophique sur la destinée humaine. Ne pouvant penser à leur propre mort, la perte des proches constitue une expérience douloureuse qui permet au poète de comprendre, tant soi peu, le sens de la mort. En effet, l’homme se définit par les différentes relations liées avec ses semblables et son environnement. C’est pourquoi avec la disparition d’un ami, d’un parent, d’un amour, d’un fils, ils découvrent le vrai visage de la mort, c’est-à-dire « l’arrêt de l’activité intégrée du vivant et de la rupture de son unité. » [1] L’univers poétique de ces chantres de l’amour est déséquilibré par « la quoddité de la mort » [2]. Provisoirement épargné, Senghor comme Hugo prennent conscience, avec la perte de leur enfant, de la commune destiné des hommes. Vivre c’est mourir. Nul ne peut échapper au trépas : « l’ipséité aimé est comme moi-même » [3]. La mort devient l’affaire de tous et pour tous ; « elle est par excellence l’ordre extraordinaire. » [4] Ils sont littéralement angoissés par le mystère de la mort. Senghor écrit sous forme de confidence que « si croyant que l’on soit, la mort reste toujours un énigme » [5]. Victor Hugo quant à lui se plaint de « l’énigme de cercueil » [6]. L’on ne peut donc penser sa propre mort. C’est du reste la pensée de Vladimir Jankélévitch qui fait remarquer que « la mort joue à cache-cache avec la conscience, où je suis, la mort n’y est pas ; quand la mort est là, c’est moi qui n’y suis plus. » [7]

L’énigme de la mort provoque chez le père du Romantisme comme chez le héraut de la Négritude un refus de la mort qui rend compte d’une conscience tragique qui tente surtout d’échapper à l’inévitable, c’est-à-dire, de s’abimer dans le néant. Le poème VII de Pauca meae de même que l’Elégie pour Georges Pompidou constituent des moments forts d’une méditation philosophique dans laquelle Hugo et Senghor cherchent à déchiffrer les mystères insondables de la mort. Ainsi on trouve ces interrogations angoissantes de l’auteur des Contemplations qui marquent, de manière indélébile, l’incapacité de l’homme à saisir la mort :

A qui donc sommes-nous ? Qui nous a ? Qui nous mène ?

Vautour fatalité, tiens-tu la race humaine ?

Oh parlez cieux vermeils

L’âme sans fonds tient-elle aux étoiles sans ombre ?

Chaque rayon d’en haut est-il un fil de l’ombre

Liant l’homme au soluble [8]

De même, l’auteur des Elégies majeures lance une série de questionnements qui manifeste l’angoisse de la mort en ces termes :

Georges ami, toi qui aurais déjà le masque blanc sur le visage

Ainsi que le sculptent nos voyants pour figurer les hôtes des

Champs méridiens

As-tu vu dis-moi son visage ? Est-elle, la mort, au vrai sans

Visage

Comme le néant. béant ? Ou bien a-t-elle souri de son sourire

fétide

Avec de rares dents et qui sentent le soufre jaune ? Toi l’ami

de son grand ami

Parle a-t-elle une tête de dragon ? [9]

Le désir de décoder la mystique de la mort traduit un doute métaphysique qui épouse les contours d’une vision héritée de la modernité qui voit en celle-ci une sorte d’anéantissement. C’est en ce sens que les philosophes de l’absurde font de leurs œuvres le lieu de théâtralisation du tragique de la condition humaine. La vie est absurde puisque l’homme ne peut échapper à son trépas. C’est en ce sens que les partisans de la modernité élaborent une morale du bonheur qui s’écarte du sentier de la religion. Albert Camus dans Caligula, résume l’attitude de l’homme absurde face à cette situation de l’homme condamné à mort par ces mots :

La vraie révolte contre la mort doit prendre une autre forme : elle passe en

fait d’abord par le refus d’une immortalité qui dévalorise la vie, et par le

rejet résolu de l’espoir : il s’agit de vivre dans la conscience de la mort qui

pousse la passion de vivre à son paroxysme [10]

L’homme moderne qui s’offusque d’inscrire la sacralité dans sa conduite rencontre les sentiments de désespoir et de panique qui exacerbent sa soif de bonheur et d’immortalité. Pour lui, il n’y a pas de lendemain. Ainsi donc « dans la force de l’âge, et du désir et du vouloir » [11], Hugo et Senghor refusent la mort. Ils choisissent de vivre. C’est en ce sens que le poète de la Négritude, confronté à la réalité horrible de la guerre qui dévoile un univers « éclaboussant de sang et de cervelle » [12], adresse ces paroles à Dieu : « Entre la fraîcheur extrême de Printemps et la torpeur promise de l’été laisse nous savourer la douceur éphémère de vivre » [13]. Quant à l’auteur des Contemplations, il se plaint devant le Seigneur des mondes en ces termes : « ces clartés, jour d’une autre sphère / O Dieu jaloux, tu nous les vends !/ Pourquoi m’as-tu pris ma lumière que j’avais parmi les vivants » [14].

Il ressort de ses déclarations que l’irruption de la Faucheuse dans la vie provoque un déséquilibre angoissant et même une panique généralisée au sein des vivants qui ôte tout espoir de joie et de bonheur. En fait, le refus de la mort s’explique par le fait que les survivants du trépas trouvent une force de « fraternité de destin avec la victime aujourd’hui désignée » [15] car comme le fait remarqué Vladimir Jankélévitch la mort est « affaire personnelle d’un chacun, affaire de Moi multiplié par le Nous, la mort met à nu le régime contradictoire de l’absolu au pluriel » [16]. L’on comprend donc aisément la souffrance du poète

Victor Hugo à la mort de Léopoldine quand il pleure en ces termes :

Oh je fus comme fou dans le premier moment,

Hélas ! et je pleurai trois jours amèrement.

Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance,

Père, mère, dont l’âme a souffert ma souffrance,

Tout ce que j’éprouvais, l’avez-vous éprouvez ?

Je voulais me briser le front sur le pavé ;

Puis je me révoltais, et, par moment horrible,

Et je n’y croyais pas, et je m’écriais : non ! [17]

La mort rend fou puisqu’elle est incompréhensible et insaisissable. Elle est source de douleur et de souffrance inouïes. La disparition de Léopoldine, l’enfant chéri, « l’étoile du matin » [18], traumatise le poète-père Victor Hugo qui tente d’élargir sa souffrance à tous les hommes qui ont une fois perdu un être cher. L’interpellation du poète met en exergue la fraternité de destin dont parle Jankélévitch. Cependant, elle constitue une manière tacite de répondre aux allégations faites à la poésie « le Moi est haïssable ». Pour le pape du Romantisme, le poète est un souffre-douleur qui porte en lui le destin des autres. Sa voix est l’écho sonore des peuples et son action s’inscrit dans la collectivité. Voilà pourquoi dans la préface des Contemplations, l’auteur tire sur ses détracteurs en faisant cette mise au point :

Est-ce donc la vie d’un homme ? Oui, et la vie des autres hommes

aussi. Nul de nous n’a l’honneur d’avoir une vie qui soit à lui. Ma

vie est la notre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis, la

destinée est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y.

On se plaint quelque fois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous

de nous, lui crie-t-on. Hélas ! quand je vous parle de moi, je vous

parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! Insensé, qui

croit que je ne suis pas toi ! Ce livre contient, nous le répétons,

autant l’individualité du lecteur que celle de l’auteur. Homo sum [19]

Au demeurant, au-delà de la destinée humaine qui est une, les dérives de la Faucheuse permettent de réfléchir sur la dialectique vie / mort. Se reproduire c’est donner la vie, mais aussi c’est reconnaître implicitement sa mort prochaine. Le trépas joue le rôle de régulateur puisque la sexualité fonctionne comme le prolongement de la vie [20]. Cette image de la perpétuation n’échappe pas à Hugo et à Senghor qui crient tous les deux leur désespoir. Léopoldine, « le doux astre » [21], « l’enfant de l’aurore » [22] est noyée en pleine lune de miel au bord de la seine et que Philipe-Maguilen « enfant fleur de l’échange » [23] est fauché tragiquement par la mort en un soir de pentecôte, le sept juin 1980. « Voici donc notre enfant, souffle mêlé de nos narines, qui s’éteint ah ! » [24], se plaint Senghor quand Victor Hugo, impuissant, constate « il me semblait que tout n’était qu’affreux rêve […] Que c’était impossible qu’elle fut enfin morte » [25]. Pour tout parent, la disparition prématurée de son enfant brise les rêves d’immortalité. Elle fonctionne comme une rupture de la perpétuation assurée de son sang. Dans la poésie romantique comme dans la poésie de la Négritude, la mort brutale de la fille ou du fils est perçue comme une sanction aux péchés commis. Ces deux écrivains ne comprennent pas les mystères insondables de Dieu. Pour Senghor, Philippe- Maguilen est trop jeune et trop précieux pour mourir avant ses parents ; et le poète père est atterré, impuissant et triste devant la férocité de la mort. La douleur est immense et la nouvelle trop cruelle pour être vraie. C’est pourquoi le poète-père proteste doublement contre le constat du médecin et contre la volonté du Seigneur :

Et j’ai dit « non » au médecin : « mon fils n’est pas mort,

Ce n’est pas possible »

Pardonne-moi Seigneur, et balaie mon blasphème, mais

ce n’est pas possible

Non non ! ceux qui sont mignotés des dieux ne meurent pas si jeune

Tu n’es pas non ! Un Dieu jaloux comme Baal qui se nourrit

d’éphèbes [26]

L’attitude contestataire de Senghor et celle de Victor Hugo devant la mort de leur enfant qui frisent le blasphème s’expliquent d’abord par l’effet de surprise de la Faucheuse dans sa mission macabre. Elle n’a pas donné des signes d’avertissements. Ni Léopoldine ni Philippe-Maguilen n’a été malade. Tous les deux rayonnaient de vie par leur beauté et leur jeunesse. La fille d’Hugo n’avait que 18 ans. Le fils de Senghor 20 ans. Celle-ci était la joie de vivre de l’auteur des Contemplations alors que celui là était pour le chantre de la Négritude la réussite d’un couple mixte : les noces de l’Afrique et de l’Europe c’est-à-dire le métissage biologique et culturel tant rêvé et désiré. Leur disparition est pour l’un comme pour l’autre une perte incommensurable : « c’était ma fée, le doux être à mes yeux » [27] nous dit Victor Hugo alors que Senghor pleure son amertume en ces termes : « De notre automne déclinant, il était le printemps ; son sourire était l’aurore / Ces yeux profonds un ciel cristallin et gorgé d’amour / C’était vie et raison de vivre de sa mère, lampe veillant dans la nuit et la vie » [28]. Par la métaphore filée de la lumière qui dérive dans les propos de ces poètes-pères, est cristallisé le bonheur conjugal né de la joie de vivre délivrée par l’enfant chéri qui vit et donne sens à la vie de ses parents. Ces deux enfants fauchés par la mort symbolisaient par leur jeunesse, le désir, les ambitions et l’espoir, par leur beauté l’admiration et la jubilation et par leur présence la joie, le bonheur et la félicité. Voilà pourquoi leur trépas est ressenti comme « au cœur un coup de fusil » [29], c’est-à-dire comme un crime. Senghor utilise l’image de la tyrannie et de la cruauté voire de la crucifixion comme dans ce verset : « Tu as crucifié sa mère, haut sur un arbre de braise et de glace » [30] quant à Hugo, il parle d’abus d’autorité et de pouvoir : « l’humble enfant que Dieu m’a ravi » [31].

Comme on le remarque, les poètes cherchent à traduire l’immensité de leur souffrance qui, du reste, demeure indicible. Toutefois, c’est un appel à la compassion qu’ils lancent aux lecteurs. Dans ce contexte, la poésie joue un rôle de catharsis dans la mesure où le poète, par la pratique de l’écriture, purge ses sentiments de colère et manifeste le dessein de partager ses souffrances avec tous ceux qui ont perdu un être cher et qui souffrent. A l’instar de Victor Hugo qui pleure sa chère Léopoldine, Senghor gémit d’avoir était arraché brutalement de « l’affection de son fils. Dans ces moments lugubres, comment leur foi n’aurait-elle pas chancelée sous l’éclair et la foudre » [32] du « terrible Dieu d’Abraham » [33] ? L’insoutenable, l’inacceptable n’ébranle-t-elle pas, parfois, les certitudes divines enfouies dans les consciences ? Avec ces deux poètes, cela est vrai et vérifiable lorsqu’ils se plaignent en ces termes : « O, Dieu, as-tu pu croire / Que je préférais, sous les cieux l’effrayant rayon de la gloire / O douces lueurs de ces yeux » [34] ; « Seigneur, il est impénétrable le labyrinthe de tes desseins : on en perd le fil si ne vous dévore le minotaure » [35].

Il ressort de ces déclarations que la mort brutale peut parfois chanceler la foi des croyants comme il peut aussi la renforcer. Ces poètes de l’amour restent-ils là, figés dans leur colère contre Dieu, le Seigneur des mondes ?

2- L’acceptation de la mort

Malgré l’immensité de leur souffrance, Victor Hugo et Léopold Sédar Senghor ont fait montre d’un supplément d’âme en acceptant la volonté divine. Leur attitude de révolté peut être rangée dans le cas des blasphèmes. D’ailleurs, ils se repentissent auprès du Seigneur en exaltant sa toute grandeur. On retrouve dans Pauca Meae des Contemplations, ce retour vers

Dieu et la célébration de sa gloire éternelle :

Je viens à vous, Seigneur ! père auquel il faut croire,

Je vous porte, apaisé,

Les morceaux de ce cœur tous plein de votre gloire

Que vous avez brisé ;

Je viens à vous Seigneur ! Confessant que vous êtes

Bon, clément, indulgent et doux, ô Dieu vivant !

Je conviens que vous seul savez ce que vous faîtes,

Et que l’homme n’est rien qu’un jouc qui tremble au vent [36]

De par ces paroles, le pape de Romantisme marque son ancrage dans la religion chrétienne et par-delà accrédite la thèse de la toute puissance de Dieu qui gouverne le monde selon ses lois. Le chantre du Royaume d’enfance lui emboîte le pas en affirmant son adhésion totale au décret divin qui n’est, du reste, qu’une forme de célébration divine qui donne à voir une foi ardente et inébranlable comme dans ce passage :

Le cœur n’est pas un genou qui se plie

N’empêche, par ta volonté vivante, s’il faut que tu tonnes

Tu frappes ma maison sans paratonnerre

Oui, je veux ton vouloir, Seigneur [37]

Les propos de Senghor sont celui d’un fervent chrétien débordant d’adoration pour le Seigneur. Le poète voit en la sentence divine un acte de gratitude et de miséricorde. C’est même une sorte de bénédiction puisque « la mort est un très-pas un inter-itus » [38], c’est-à-dire, une transition qui mène à la vie éternelle. Il transforme la volonté divine en une forme de jouissance esthétique mais aussi spirituelle. La vraie vie est absente ; la mort dans ce monde ouvre les portes du merveilleux divin. Informé par les sentiments de croyance, la parole poétique est une invite à communiquer et à communier avec Dieu. Ce qui explique la lucidité

et la quiétude de l’esprit qui accompagne la stylisation de la mort. De fait, la religion permet d’humaniser la mort, voire de la nier puisqu’elle prévoit une résurrection, c’est-à-dire le triomphe de la vie sur la mort et dans l’éternel. Dès lors, le poème sur la mort se transforme en parole d’espérance, de paix et d’amour : « Tu reposeras dans le cœur du christ y puissant de la langue double tubuleuse / Le nectar dans la corolle du Christ » [39]. Il est un appel à la jouissance du sacré. Dans une telle perspective la poésie religieuse mène « vers le salut cosmique » [40] grâce à l’intercession salvatrice du christ qui délivre les hommes de la mort. D’ailleurs le christianisme qui alimente la poésie d’Hugo comme celle de Senghor se veut la religion du salut par l’immortalité ainsi que le stigmatise Edgar Morin :

Le christianisme est l’ultime religion du salut, la dernière qui sera

la première, celle qui exprimera avec plus de violence le plus de

simplicité et le plus d’universalité l’appel de l’immortalité

individuelle, la haine de la mort. Elle sera uniquement déterminée

par la mort ; le Christ rayonne autour de la mort. Le christianisme

face à la mort, est un rapport aux autres religions de salut dans la

même situation que l’homme par rapport aux anthropoïdes [41]

Dans cet ordre d’idées, nous pouvons dire que le Christ, figure de la mort-rachat dans l’idéologie chrétienne, permet de figurer la thématique de la mort féconde : « le sacrifice » [42]. En effet la notion de sacrifice occupe une place primordiale aussi bien dans la religion révélée que les religions polythéistes. Le sacrifice fonctionne comme gage de fidélité et de foi inébranlable. Mais son rôle consiste à sauver le cœur du purificateur tout en l’éloignant de la menace de la mort. C’est la raison pour laquelle l’acte de sacrifier est étroitement lier au désir de vivre. De plus pour qu’il soit accompli l’offrande fait à Dieu doit être proportionnelle à la chose désirée. Il en ressort donc que « sacrifier, c’est en quelque sorte planter. Plus l’existence est grande, plus le sacrifice doit être grand » [43]. Dans la poésie d’Hugo comme dans celle de Senghor, la notion de sacrifice est récurrente. Elle se manifeste dans Les Contemplations par le refus de survivre à l’aimé en qui l’on trouve sa raison d’être et de bonheur. C’est le cas de l’époux de Léopoldine qui accepte de mettre fin à ses jours par noyade parce que n’ayant pas pu sauver sa femme. Son acte est d’une très haute portée morale en ce sens qu’il pousse l’amour à son paroxysme : la mort dans l’amour. Un tel geste de grandeur dans l’amour fusionnel est rare de nos jours à cause des valeurs matérialistes qui fondent le mariage moderne. Voilà pourquoi devant tant d’amour et de vertu, le poète-père, Victor Hugo refuse de se taire en écrivant en l’honneur de son beau-fils ces vers merveilleux qui ne sauraient laisser insensibles :

En présence de tant d’amour et de vertu,

Il ne sera pas dit que je me serai tu

Moi qu’attendent les maux sans ombre !

Que je n’aurai point mis sur ma bière un flambeau

Et que je n’aurai pas devant son noir tombeau

Fais assoir une strophe

N’ayant pu la sauver, il a voulu mourir

Soi béni toi qui, jeune, à l’âge où vient s’offrir

L’espérance joyeuse encore,

Pouvant rester, survivre, épuiser tes printemps,

Ayant devant les yeux l’azur de tes vingt ans

Et le sourire de l’aurore [44]

Dans l’imaginaire poétique hugolien, Charles Vacquerie est un héros et un Saint. A l’image du Christ qui s’est sacrifié par amour pour sauver l’humanité de la barbarie des civilisés, son beau-fils s’est « immoler dans l’honneur de la mort » [45] pour rester digne de l’amour de Léopoldine. Dans l’Œuvre poétique de Senghor la notion de sacrifice se présente le plus souvent sous la formule d’offrande faite aux dieux dans la cosmogonie négro-africaine et de libation. Le sacrifice prolonge la communion avec les ancêtres morts et permet de se protéger contre les esprits maléfiques. De même dans la tradition chrétienne il est promesse d’un futur heureux. Senghor voit dans le sang versé la mort féconde, c’est-à-dire la promesse d’un futur heureux. Ainsi l’assassinat d’un syndicaliste Aynina Fall par les colons dans la défense des intérêts des cheminots africains, la participation des tirailleurs sénégalais dans la seconde guerre mondiale et la mort de Philippe-Maguilen sont vécus comme la mort-rachat dont la fécondité autorise la réalisation de l’unité africaine, la consolidation des rapports fraternels Afrique / Occident et l’absolution des péchés de la famille. Le sacrifice qui est un manifeste de l’acceptation de la mort fonctionne comme une forme d’intercession auprès de Dieu dans le but d’apprivoiser la mort et d’assurer une éternité de vie dans l’au-delà. Toutefois, le poème sur la mort ne constitue t-il pas une forme d’exaltation des pouvoirs du verbe ? En d’autres termes, la poésie n’est-elle pas un remède contre la mort ?

II. Exaltation des pouvoirs du verbe

Senghor et Victor Hugo accordent une valeur particulière à la poésie. Celle-ci est dotée d’un pouvoir mystique en ce sens qu’elle peut redonner vie aux trépassés. La parole poétique est capable aussi de réaliser le dur désir de durer dont rêve tout être vivant, c’est-à dire de rendre immortel. Elle est une forme de jouissance esthétique du sacré. Dans leurs univers poétiques, ces chantres de la mort tentent de revivifier par le langage poétique leur filiation avec leurs morts. Dans Les Contemplations, le pape du Romantisme refuse dans un poème très célèbre intitulé Demain dès l’aube que Léopoldine s’abîme dans le néant du temps présent. De même, le poème écrit en l’honneur de Charles Vacquerie cristallise dans un langage sensible la célébration des morts. En voici un extrait illustratif :

Puisque tu fus si grand, puisque tu fus si doux

Que de vouloir mourir, jeune homme, amant, époux

Qu’à jamais l’aube en ta nuit brille !

Aie à jamais sur toi l’ombre de Dieu penché !

Sois béni sous la pierre où te voilà couché !

Dors, mon fils, auprès de ma fille ! [46]

Ces vers fonctionnent comme un hymne aux morts dans lequel Hugo chante la mort dans l’amour et par amour. Le poème constitue une façon de nier la mort. Dans l’imaginaire poétique hugolien, le choix de la mort dans l’amour est un acte de bravoure et de grandeur qui mérite d’être gravé dans la mémoire collective des vivants. L’amour sacré qui unit Léopoldine et Charles Vacquerie qui est célébré dans ce texte fait écho à celui de Roméo et de Juliette de William Shakespeare. Par la sublimation de cette union sacrée à caractère tragique, Hugo rend hommage à ses enfants de l’amour qui se sont noyés lors de leur voyage de noces. Charles Vacquerie devient un héros en ce sens qu’il a choisi d’affirmer ce qui ne saurait mourir en l’homme : la dignité dans l’amour. Son acte a une dimension esthétique dans la mesure où il trouve dans la mort un salut à son amour et à son existence. Comme la mort est la fin vers laquelle tend toute vie, il faut mourir dans la dignité. Cette mort héroïque et glorieuse, seule la poésie peut la rendre toujours vivante. Dans ce cas de figure, le poème se transforme en une célébration liturgique où la réalité côtoie la fiction et où le merveilleux et le surnaturel confèrent aux mots une dimension mystique : celui de pouvoir ressusciter les morts : Tel est le cas dans l’Œuvre poétique de Léopold Sédar Senghor. En effet par la « langue si merveilleuse / la langue même du poème » [47], le chantre du royaume d’enfance peut provoquer la résurrection de Jean-Marie : « Moi que je prononce ton nom ton innocence, Toi Jean-Marie / Pour que tu revives ivre et pur ! » [48] La simple nomination du trépassé, grâce aux vertus magiques et mystiques de la parole poétique redonne vie. Le poète est ce « Sorcier qui dira la victoire » de la vie sur la mort. C’est pourquoi, le retour du trépassé à la vie se fait dans un univers quasi paradisiaque. C’est le cas dans Les Contemplations comme dans les Elégies majeures où Senghor interpelle son fils Philippe-Maguilen affectueusement en ces termes :

Quand sera venu le jour de l’amour, de tes noces célestes

T’accueilleront les Chérubins aux ailes de soie bleue, te

Conduiront

A la droite du Christ ressuscité, l’Agneau lumière de tendresse

dont tu avez si soif.

Et parmi les noirs séraphins chanteront les martyrs de

L’Ouganda.

Et tu les accompagneras à l’orgue, comme tu faisais à Verson

Vêtu du lin blanc lavé dans le sang de l’Agneau, ton

Sang [49]

Grâce à la mystique de la parole poétique, Senghor recrée dans son univers littéraire le jugement dernier. Mais dans son espace poétique, ce jour fatidique tant redouté par les pécheurs est joie, paix et bonheur. Il s’agit de rendre « la Justice accordée, qui est beauté et bonté » [50]. Senghor utilise le merveilleux paradisiaque et le surnaturel pour faire revivre son « enfant fleur de l’échange » [51] auprès du Christ, exécutant l’hymne du Paradis dans la plénitude divine [52].

Poète de l’espérance, sa parole poétique est évangélique. Elle cherche à persuader les sceptiques et les athées que la vraie vie est absente et qu’il n’ya pas lieu de désespérer d’une vie éternelle et meilleure dans l’au-delà. Pouvait-il être autrement chez lui puisqu’il rêvait d’embrasser la carrière de pasteur ? Son attitude n’est donc pas une surprise s’il choisit de prêcher la bonne parole, car « qui pousserait le cri de joie pour réveiller morts et orphelins à l’aurore ? » [53] Son chant fonctionne comme une oraison funèbre où les mots surévalués et purifiés triomphent de la mort. Celle-ci est prise en charge par une esthétique de sanctification qui trouve sa justification dans le désir de transformer la poésie en un lieu de Rédemption. Il n’est que de lire les Elégie majeures pour s’en-rendre compte. Dans Elégie pour Georges Pompidou, le poète écrit : « Sur l’autel des paroles échangées, je t’offre ce poème, comme / Une libation » [54]. En possession de la parole mystique, le poète adoucit la mort de son ami Georges Pompidou dans sa solitude en lui filant des thrènes. Son discours divin sert de nourriture spirituelle aux morts. L’élégie, dans ce contexte, est comme un monument aux morts. Nommé le trépassé par son nom, c’est l’inscrire dans l’immortalité. La poésie romantique comme la poésie de la Négritude empêche les trépassés de s’abimer « en clin d’œil dans la trappe du non-être » [55].

Comme deux vases communicants, le mort et le vivant maintiennent la relation grâce aux mystères de la poésie. Le poète s’investit d’un pouvoir mystique qui lui permet d’inspecter l’invisible et d’entendre l’inaudible. Senghor et Hugo procèdent à des va-et-vient incessants entre le monde des vivants et celui des morts. Ainsi, de cette poésie, naît une esthétique de l’au-delà dans laquelle le langage est d’une grande souveraineté. A ce titre, Senghor peut dire à son ami mort : « Pour toi rien que ce poème contre la mort » [56]. La poésie permet d’apaiser les angoisses nées de la mort et de rendre toujours vivante l’image du trépassé dans la mémoire des rescapés de la mort. Voilà pourquoi Baudelaire pense que « le principe de la poésie est strictement et simplement l’aspiration humaine vers une beauté supérieure » [57]. Cette beauté supérieure qui est l’objet de la poésie mystique s’exprime par la puissance mystique de l’incantation. Ainsi, ayant « l’esprit aigu et le cœur candide » [58], il appartient à Hugo et à Senghor de révéler le sens de « ce monde scellé de caractères strictes et mystérieux » [59]. Ils sont des poètes-mages dont la parole pure et parfaite est lumière qui illumine les morts dans leur enceinte de nuit. Grâce à la prière dans laquelle on sent « l’intention secrète, la présence de Dieu » [60], ils donnent à voir un monde où les frontières entre l’univers des morts et celui des vivants est effacées. Pour ces chantres de la mort, la prière constitue la forme première de la parole créatrice car elle est la symbiose de « l’expérience mystique et de l’expérience poétique » [61]. Elle est le saint langage qui donne forme et sens à toute chose parce que « chant constellé de l’éclatement des comètes chantantes » [62].

D’où Hugo et Senghor tiennent-ils de cette puissance et ce secret de parole ? Tous les deux sont des privilégiés de Dieu. Le pape du Romantisme se dit le poète-mage qui recueille ce que dit la bouche d’ombre [63] alors que Senghor prétend que le Seigneur, en sa justice inégale l’a fait maître de langue. Toutefois, il faut faire remarquer que Senghor, contrairement à Hugo, doit son pouvoir mystique et sa puissance de parole à l’univers fabuleux de son Royaume d’enfance. C’est aux villages de Joal et de Djilor qu’il a recueilli le message des êtres fabuleux comme les kouss à l’ombre des tamariniers, les crocodiles gardiens des fontaines, les lamantins dans la rivière et les Morts et les Ancêtres qui l’initiaient dès son enfance, à la pensée mystique [64]. Fort de toute cette richesse mystique, et de cette sorcellerie évocatoire, il transforme la poésie en religion. Ainsi par la magie incantatoire et la mystique de « l’arc-en-ciel des sept voyelles » [65], il neutralise les forces obscures du mal et recrée un univers poétique dans lequel la mort et la vie se mêlent. Comme il transparait, la poésie permet d’apprivoiser la mort. Le discours d’Hugo comme celui de Senghor sur la mort constitue un rituel où les poètes entre en communion avec Dieu grâce à la force de l’émotion, à la puissance évocatrice et à la chaleur des mots. L’auteur des Contemplations formule cette prière finale qui fonctionne comme un salut cosmique adressée à sa fille Léopoldine et à son beau-fils Charles Vacquerie :

Vivez ! aimez ! ayez les bonheurs infinis,

Oh ! les anges pensifs, bénissant et bénis,

Savent seuls, sous les sacrés voiles

Ce qu’il entre d’extase, et d’ombre, et de ciel bleu,

Dans l’éternel baiser de deux âmes que Dieu

Tout à coup change en deux étoiles ! [66]

L’auteur des Elégies majeures, quant à lui, entre en extase avec des versets qui préfigurent la victoire définitive de la vie sur la mort pour signer la résurrection de son fils

Philippe-Maguilen :

Que donc ta volonté soit accomplie

Qu’au jour de la résurrection, notre enfant se lève soleil

d’aurore

Dans la transfiguration de sa beauté. [67]

Dans cette perspective, force est de reconnaitre que Senghor comme Hugo signe la victoire définitive de la vie sur la mort. Voilà pourquoi le poème sur la mort dans leur univers poétique se transforme en une « jouissance du sacré ».

Conclusion

L’analyse du thème de la mort a révélé chez Hugo comme Senghor de profondes similitudes. Ces deux auteurs, dans leur entrevue avec la mort, ont réussi à mettre à nu tout le drame que vit tout individu ayant perdu un être cher. Il ressort ainsi que la présence de la mort produit chez les vivants un lot de souffrances inouïes qui peut conduire souvent à la folie. Ce qui explique la peur de la mort observée chez les passionnés de la vie et son rejet systématique. Toutefois comme tout croyant, ces poètes trouvent refuge dans la religion et une réponse positive au tragique de la destinée humaine. Cependant, pour l’auteur des Contemplations et des Elégies majeures, l’honneur revient à la poésie dans la lutte contre la mort en ce sens qu’elle sert de consolation aux survivants, de compagnon aux trépassés et de remède efficace au néant de la mort. Voilà pourquoi le poème sur la mort se transforme en une célébration de la toute puissance du verbe qui offre à déguster une jouissance esthétique du sacré. Ce qu’il faut surtout retenir dans ce face à face et ce corps à corps avec la mort, c’est que pour l’écrivain, l’intellectuel, l’artiste et le poète, la véritable mort c’est le silence comme le soulignait Paul Eluard dans L’Amour la poésie : « l’oiseau se tait, creusez sa tombe. Le silence le fait mourir. »

P.-S.

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Notes

[1] Roland Quilliot. Qu’est-ce que la mort ? Paris : Armand Colin, 2000, p. 20.

[2] Vladimir Jankélévitch. La mort. Paris : Flammarion, 1977, p. 163.

[3] Idem, Ibid, p. 30.

[4] Idem, Ibid, p. 7.

[5] Léopold Sédar Senghor. La poésie de l’action. Conversations avec Mohamed Aziza. Paris : Stock, 1980, p. 340.

[6] Victor Hugo. Les Contemplations. Paris : Librairie générale française, 2002, p. 26.

[7] Vladimir Jankélévitch. Op. cit. p. 34.

[8] Victor Hugo. Op. cit. p. 286.

[9] Senghor. Œuvre poétique. Paris : Seuil, 1990, p. 317.

[10] Albert Camus. Caligula suivi du Le Malentendu. Paris : Gallimard, 1958, p. 63.

[11] Senghor. Œuvre poétique, p. 26.

[12] Senghor. Ibid. p. 62.

[13] Idem. Ibid. p. 69.

[14] Hugo. Les Contemplations. p. 283.

[15] Jankélévitch. La mort. p. 27.

[16] Idem. Ibid. p. 27.

[17] Victor Hugo. Les Contemplations. p. 283.

[18] Idem. Ibid. p. 283.

[19] Idem. Ibid. p. 26.

[20] Rolland Quilliot. Qu’est-ce que la mort ? p. 22.

[21] Hugo. Les Contemplations. p. 288.

[22] Idem. Ibid. p. 283.

[23] Senghor. Œuvre poétique. p. 285.

[24] Idem. Ibid. p. 286.

[25] Hugo. Ibid. p. 280.

[26] Senghor. Ibid. p. 287.

[27] Victor Hugo. Les Contemplations. p. 288.

[28] Senghor. Œuvre poétique. p. 287.

[29] Idem. Ibid. p. 286.

[30] Idem. Ibid. p. 288

[31] Hugo. Ibid. p. 276.

[32] Idem. Ibid. p. 297.

[33] Senghor. Ibid. p. 288.

[34] Hugo. Les Contemplations. p. 277.

[35] Senghor. Ibid. p. 288.

[36] Hugo. Les Contemplations. p. 297.

[37] Senghor. Œuvre poétique. p. 281.

[38] Philippes Ariès. Essai sur l’histoire de la mort en Occident du moyen âge à nos jours. Paris : Seuil, 1975, p. 30.

[39] Senghor. Œuvre poétique. p. 279.

[40] Edgard Morin. L’homme et la mort. Paris : Seuil, 1970. p. 204.

[41] Idem. Ibid. p. 226.

[42] Idem. Ibid. p. 204.

[43] Idem. Ibid. p. 226.

[44] Victor Hugo. Les Contemplations. p. 354.

[45] Idem. Ibid. p. 305.

[46] Victor Hugo. Les contemplations. p. 304.

[47] Senghor. Œuvre poétique. p. 200.

[48] Idem. Ibid. p. 275.

[49] Senghor. Œuvre poétique. p. 290.

[50] Idem. Ibid. p. 303.

[51] Idem. Ibid. p. 285.

[52] Idem. Ibid. p. 291.

[53] Idem. Ibid. p. 321.

[54] Idem. Ibid. p. 231.

[55] Jankélévitch. La mort. p. 5.

[56] Senghor. Œuvre poétique. p. 321.

[57] Charles Baudelaire. Préface des nouvelles histoires extraordinaires d’Edgard Poe. Paris : Garnier Flammarion ; 1965, p. 44.

[58] Senghor. Ibid. p. 142.

[59] Idem. Ibid. p. 207.

[60] J-G Froelich. Les Animistes. Paris : Les Editions de l’Orante, 1964 p. 170.

[61] Christian Le Dimna. « Expérience poétique, expérience mystique ». In : http//www.sudoc.abes.fr. Article téléchargé le 10 janvier 2011, à 16h 50 mn.

[62] Senghor. Œuvre poétique. p. 42.

[63] Victor Hugo. Les rayons et les ombres. Paris : Hachette, 1950, p. 76.

[64] Senghor. Œuvre poétique. p. 160.

[65] Idem. Ibid. p. 100.

[66] Victor Hugo. Les Contemplations. p. 307.

[67] Senghor. Ibid. p. 288.

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