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Fidel Castro adieu au temps 

Les vies mélangées

samedi 26 novembre 2016, par Louise Desrenards

« Ce matin, le boucher, quand j’entrai, a dit : "Le vieux Fidel est parti. Bénissez-le."
— Oui, répondis-je, il a fait beaucoup de bien pour son peuple et pour l’île. "Oui", dit le boucher et riant, "ce que j’aime, c’est ça : il a vu passer neuf putains de Présidents américains."
 » Tariq Ali [1]

« En 2016, tous ceux qui ont fait l’histoire ont maintenant décidé d’aller y vivre, car ici c’est fini. » McKenzie Wark [2]

« Cuba est une dictature à part Guantanamo où la démocratie fleurit. » Joni Spigler citant Maria Aristodemou [3]

Fidel Castro, né le 13 août 1926 à Birán, dans la province cubaine de Holguín, est mort le 25 novembre 2016, à 22h 29, à La Havane.


Fidel Castro, le dernier mot : « El hermano Obama » (Mon frère Obama). 27 mars 2016.


Santiago Alvarez, Mi hermano Fidel (1977)

Remerciements Olivier Hadouchi pour le partage de ce film.


54 ans d’embargo international radical inclus depuis l’abandon de la contre partie soviétique en 1990, quand l’URSS devint la Russie, et sauf l’alcool et les cigares il y a moins de dix ans, toujours ouvrable en dépit du vote contre (sans veto) du 26 octobre 2016 à l’ONU. C’est l’embargo le plus long de l’histoire contemporaine.

Fidel Castro est mort à 90 ans. Un chiffre fatidique pour Cuba. En 1990, un an avant la création de la Russie c’est un préalable radical, l’arrêt des subventions de cinq milliards de dollars versés chaque année par l’URSS, qui laisse l’île caraïbe dépourvue sous l’embargo international implacable imposé par les États Unis, économique, commercial et financier, depuis 1962, avec les menaces incessantes du terrorisme par les fascistes de la diaspora cubaine, installés en Floride. Fidel Castro, pour subvenir aux ressources des familles, laisse la jeunesse cubaine se prostituer en masse auprès des touristes pro-cubains [4], et son gouvernement tout en surveillant la santé de sa jeunesse au travail du sexe et sachant que santé et éducation poursuivent d’être gratuits, ce qui prime sur tout, ferme les yeux sur l’ordinaire de la vie à l’envers et la constitution de petites mafias locales sans désordre avec l’État. Et le rhum cubain mondialement advenu en Pernod Ricard, dans la foulée de l’allègement restreint de l’embargo sur la production locale des alcools et des cigares, coule à flot aussi pour le tourisme au profit de l’île.

Au début ce fut une révolution démocratique plutôt favorisée par le gouvernement des Etats-Unis, concerné par l’exploitation américaine des ressources de l’île, et pensant ainsi éviter le fond d’agitation communiste contre la grande misère et la répression violente subies par les habitants sous l’administration du dictateur fasciste, le Général Fulgencio Batista [5], émule du Général Franco. D’abord la révolution des guérilleros fut reçue favorablement par les officiels américains qui culpabilisaient de leur soutien au dictateur, lequel accueillait les Rencontres des plus grands mafieux de l’Amérique du nord, recherchés par le FBI. Les premiers, ils reconnurent diplomatiquement le nouveau gouvernement. Mais le Président Eisenhower encore réactif à la guerre de Corée (à peine finie) et en pleine guerre froide, après avoir délégué à son Vice-Président Nixon le dialogue avec le valeureux Fidel Castro — pour ne pas s’abaisser à rencontrer en tant qu’ancien militaire un guérillero, — ne tarda pas à voir d’un mauvais œil la nationalisation de la compagnie américaine des fruits cubains, sous le masque d’une société bananière locale, et claqua la porte au nez de l’invité. Fidel Castro aurait pu faire plus, or justement il n’avait pas touché au cobalt. En fait, Eisenhower déclencha ce qu’il craignait, la nationalisation de tous les avoirs étrangers et le virage radicalement communiste de la révolution cubaine.

Bien sûr, il y a eu les prisons politiques, des tribunaux révolutionnaires dans le maquis et plus tard suite aux attentats, des condamnations et des exécutions, et même a-t-on dit des camps de travail et de rééducation décidés et réalisés non par Fidel Castro mais par Ernesto Guevara lui-même — mais aucune torture. Seulement la menace était là, quotidienne, réelle, portant atteinte aux vies populaires et destructrice de leurs ouvrages. Mais dès le début de 1965, le Che qui voulait développer des foyers de guérilla multiples selon la conception révolutionnaire de Trotski, comme le donnait à entendre le mot d’ordre de l’époque, « Un ! deux ! trois ! Viet Nam ! », contrariant la ligne stalinienne du communisme dans un seul État, se fit plus rare à Cuba, voyagea en Afrique, rencontra Laurent-Désiré Kabila à Dar es-Salaam à la demande de celui-ci, pour préparer de rejoindre plus tard le maquis congolais, puis revint à La Havane en passant par Alger, où il fit son dernier discours public à la tribune du Séminaire économique de solidarité afroasiatique, le 24 février, avant de disparaître radicalement de la scène cubaine dès le soir de son retour [6]... Personne n’a davantage oublié l’emprisonnement ou l’incarcération hospitalière — mise en quarantaine — injustement infligée aux sportifs déchus par la drogue, ou aux militaires de retour d’Afrique porteurs du virus du SIDA, dans les années 80, ou encore aux homosexuels infectés par le virus [7], quand la terreur d’un envahissement fulgurant l’île par la drogue et/ou par la maladie porta les autorités à décider abusivement l’isolement des malades, au moment où elles ne savaient pas encore les soigner, durant les dernières années cubaines soviétiques. Un grand froid nous avait traversés.

Puis la médecine cubaine ouvrit les portes de ces prisons « thérapeutiques », au contraire ouvrit des centres d’accueil aux homosexuels en souffrance, et des centres pour aider la transformation des transgenres femmes ou hommes, après avoir créé un complexe de désintoxication et de convalescence également ouvert aux étrangers [8], trouva un des moyens pharmacologiques parmi les plus efficaces pour lutter contre le SIDA (si tant est que cette maladie puisse être radicalement vaincue), et au-delà imposa sa médecine de haut niveau, avec un secteur de recherche unique et reconnu dans le monde entier, sur les maladies actuelles et le cancer. Après avoir secouru les peuples indigènes déshérités et miséreux, avec les médecins cubains, sur deux continents.

Par hasard, je ne suis jamais allée à Cuba, que pourtant je suivais des yeux... Je salue les cinéastes français qui jusqu’au bout auront soutenu et concouru au savoir du talent cinématographique de Cuba libre, suivant l’exemple de Chris Marker et de Joris Ivens : salut à Jacqueline Meppiel [9], disparue il y a cinq ans, qui toujours sillonnait le ciel d’un continent à l’autre mais résidant à Cuba depuis 1984, où ayant épousé l’acteur Adolfo Llauradó elle avait fondé le département de montage de l’école de cinéma de San Antonio de los Baños. Une pensée pour Yann Le Masson et pour sa compagne Catie Aubry enceinte de leur fille quand elle l’accompagna dans l’île insoumise alors qu’à son tour il allait y enseigner... Une pensée pour Tomás Gutiérrez Alea disparu en 1992, fondateur de l’Institut cubain de l’art et de l’industrie cinématographiques (ICAIC), et co-réalisateur du film Fraise et chocolat avec Juan Carlos Tabío (toujours vivant, à La Havane), et pour le Directeur des lumières et de l’image Néstor Almendros, dont la famille s’était exilée à Cuba pour fuir le franquisme, qui alla suivre des études dans différents pays, mais étant revenu à Cuba après la révolution de 1959 en fut banni, après y avoir réalisé deux courts métrages en 1961. En 1960 le gouvernement avait donné un tour d’écrou répressif suite à l’affaire des sabotages dits « opération mangouste » sur les équipements clés, organisée par les services secrets américains, qui s’étaient soldés par deux explosions survenant pendant le déchargement du navire à quai La Coubre, en provenance de Belgique avec une cargaison d’explosifs à bord, laissant une centaine de morts parmi lesquels les dockers et le personnel du port, et dont à ce jour le dossier d’archive n’est pas encore libéré par les Etats-Unis. Tous les activistes du monde connaissent le portrait du Che aux yeux assombris par la peine, le regard lointain, surpris par le photographe Alberto Korda, pendant les funérailles des victimes [10]. La volte-face du gouvernement cubain fut la reprise des nationalisations expropriant des entreprises américaines. 1961 fut l’année non moins terrible des raids de l’aviation militaire américaine sur les aéroports et les installations portuaires, et l’année même du débarquement armé des exilés cubains à la Baie des Cochons, dont la conséquence fut l’alliance militaire irréversible avec l’URSS et la crise des missiles défensifs soviétiques installés l’année suivante. Ce n’est que grâce à un diplomate et espion soviétique retraité, aimant les Etats-Unis où il avait travaillé en bonne intelligence avec les services secrets de Roosevelt (et ami de Julius Rosenberg qu’il défendit dans la publication de ses Mémoires), surgi de l’histoire à Moscou, si l’affaire put se dénouer entre les Kennedy et Khrouchtchev. Toutefois, la même année, les États-Unis imposèrent le commencement d’un embargo économique commercial et financier international quasiment intégral, le plus long de l’époque contemporaine puisqu’il n’est toujours pas prescrit à ce jour, même si le terme est annoncé [11]. Toutes choses entre les violences, les menaces, et les sanctions, faisant de la caraïbe Cuba la martyre des Etats-Unis, pour le prix du combat anti-colonial infini de l’île, depuis Martí [12].

Partir fut aussi le cas nécessaire de l’architecte Ricardo Porro [13], qui après avoir dirigé et réalisé les plus hauts instituts artistiques dut fuir en 1966, suite au renforcement du contrôle idéologique réagissant au Cuban Adjustment Act promulgué par le Président Johnson, qui visait à encourager la fuite des Cubains pour une naturalisation aux États-Unis, ou encore à les encourager plus largement à trouver des conditions d’intégration dans d’autres pays — même cas de quelques autres artistes et intellectuels cubains, la même année et la suivante.

En 1967, deux ans après que la 1ère Tricontinentale fut prévue d’avoir lieu à Cuba avec Mehdi Ben Barka et Ernesto Guevara, mais un an après qu’elle eut lieu sans eux [14], j’eus la chance d’aller avec mes proches [15] visiter l’Exposition Universelle située à Montréal, cette année-là [16]. Une pure merveille du moment le plus ouvert et prometteur de la postmodernité, au temps des premières performances de la conquête de l’espace... Des architectures surprenantes de séduction ou d’étrangeté plastiques, de communication, ou remarquables par leurs innovations techniques, inclus le pavillon soviétique et parmi lesquelles le fameux dôme géodésique de Buckminster Fuller, pour le pavillon américain. Sa carcasse sphérique dresse encore la finesse de sa dentelle géométrique traversée par la brise dans toute sa nue transparence (alors aux facettes de verre), devenue aujourd’hui un musée environnemental régnant sur un grand parc, dans son île Sainte Hélène, tous les autres chef d’œuvres horizontaux ou verticaux ayant complètement disparu de l’île quand nous y retournâmes en 1999. C’était là pour un colloque d’architecture sur Peter Collins [17] auquel mon compagnon était invité à participer — toujours l’objet de l’architecture et l’histoire de l’architecture qui entre autres arts exprimés rythmèrent longtemps la chaîne d’attentions de notre vie.

Déjà, Ben Barka avait été assassiné en France avant la première conférence de la Tricontinentale, et au retour de notre visite à Montréal, ce fut au début de l’automne que Guevara fut assassiné en Bolivie [18]... Déjà, sous la pression stalinienne de Moscou les léninistes et les trotskistes cubains s’étaient divisés, les derniers récalcitrants étant enfermés ou ayant fui et les autres assurant la ligne politique du parti contradictoire avec la ligne du Che. Mais après la mort du Che, sous les augures de l’URSS dans les années 1970, ce ne fut plus plus l’organisation de la guerilla mais l’armée cubaine qui intervint en elle-même dans plusieurs endroits d’Afrique pour soutenir les guerres d’indépendance contre la colonisation, et notamment les colonies portugaises telle l’Angola, où les mouvements indépendantistes étaient sous le feu militaire de l’Afrique du sud de l’apartheid, qui exploitait les ressources minières de Namibie, secourable au Portugal. Les Cubains y périrent nombreux [19].

Mais je ne pense pas que Fidel Castro exempt de la régression au retour de Batista (mort en 1973) et de ses sbires, eut d’autres choix, même si tous ceux qui avaient pu l’admirer en travaillant avec lui eurent de bonnes raisons de dire ailleurs pourquoi ils étaient partis.

De la révolution bolivarienne passant par Cuba aux révolutions chavistes, ce qui s’est dissout dans le socialisme démocratique du sous-continent américain, réalisé sous diverses formes à travers l’avènement des républiques indigènes : c’est le stalinisme. Absorbé dans les nouveaux populismes souverains.

Que vous le vouliez ou non — que je le veuille ou non — Fidel Castro est la figure politique dominante de la Post-modernité mondiale. Le plus grand de tous, dit la Presse — avant de le démolir.

A l’exposition internationale, deux pavillons plus modestes étaient remarquables dans ce qu’ils exposaient, l’événement techno-socio-politique concernant le pavillon Tchèque, naissance des arts virtuels avec des installations numériques interactives, extraordinaires sur grand écran, anticipant le monde de la communication numérique où nous vivons aujourd’hui, et le pavillon cubain dans un emboîtement de cubes telle une gigantesque armoire photographique, supportant sans encadrement les multiples plans des formidables photographes de la révolution, à hauteur des yeux et à hauteur d’homme, du sol au plafond... Nous étions engloutis dans ces univers alors les nôtres, comme ceux de toute notre génération avant-gardiste ou activiste... L’érotisme et la beauté de ces femmes et de ces hommes, aux cigares les plus chers du monde à leur la bouche de travailleurs advenus en guérilleros armés, qui entraient en treillis sur leurs chars, triomphant dans La Havane en liesse. Un défi pour le monde.

Tant de courage et de misère pour les Cubains au terme des décennies d’embargo depuis la fin de l’URSS, un peuple resté toujours fier, héroïque, et loyal à la résistance de son leader, jusqu’au bout.

Cuba, tout ce que tu nous as apporté au dedans comme au dehors... Une énergie planétaire de ciels étoilés surgis d’un mouchoir de poche : l’espoir du tout possible de nos folles années de jeunesse...

Mais notre désespoir. Et passé notre désespoir notre capacité de renaître et d’inventer encore d’autres possibles.

Repose en paix, Fidel Castro, toi qui as su passer la barre sans te renier au bon moment de l’Américain, avant qu’il ne soit trop tard pour que l’idée révolutionnaire soit à jamais protégée de disparaître.

Merci.

Pour conclure, cette information : Raúl Castro souhaitant préserver l’indépendance de l’île en bonne entente avec ses grands voisins, les grands voisins en dépit de leurs accords et signatures et des Unes dans les Informations n’ont toujours pas levé radicalement l’embargo sur Cuba [20]. Le combat continue [21].


Chris Marker, Cuba Si (1961)


P.-S.


- En logo, Fidel Castro à New York, en 1959, tenant un journal américain informant un complot pour l’assassiner. Photo Bettmann/Corbis extraite pour information de l’album biographique publié dans The Guardian, "Fidel Castro – a life in pictures", du 26 novembre 2016.
https://www.theguardian.com/world/gallery/2016/nov/26/fidel-castro-a-life-in-pictures.

- 14 dates essentielles pour connaître le "commandante" Fidel Castro, L’Obs, le 26 novembre 2016.

- Sous réserve de détails éventuellement contestables — je n’ai pas examiné cet article et il est sommaire mais le suivi historique paraît juste :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fidel_Castro

Notes

[1] Tarq Ali, statut sur Facebook le 26 novembre 2016.

[2] McKenzie Wark, statut sur Facebook le 26 novembre 2016.

[3] Joni Spigler, statut sur Facebook le 28 novembre 2016.

[4] Alexandre Héraud (tx), Philippe Caron (phot.), « Crépuscule urbain / A Urban Sunset », in Chantal de Briey, Simon Guibert, Martin de Halleux (fondateurs), Diplopie no 2 : « Cuba », The Photo-Journalism Review - La Revue Du Photo-Journalisme, Paris, Diplopie (avec le concours du CNL), 2è trimestre 1993. ISSN 1241 7343.

[5] Pour une information sur le dictateur Fulgencio Batista voir l’article qui lui est consacré dans fr.wikipedia. Sur les conditions de la révolution castriste, le mode de vie des habitants de l’île en grande misère sous la dictature de Batista et la violence inégalée de sa répression — 20 000 morts en 7 ans, — la révolution, ses moyens, ce qu’en pensait le Président Kennedy, les points de vues sur ces réalités dans la Presse américaine, on peut se reporter à l’article de Salim Lamrani, Docteur ès Études Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis : « 50 vérités sur la dictature de Fulgencio Batista à Cuba », publié en français dans le site Mondialisation.ca (2013), traduit de l’article original en portugais paru dans le site opera mundi en 2010.

[6] « Che Guevara à Alger », chouf chouf (2 mai 2015). Et voici ce qu’il advint ensuite de lui : sa lettre de démission à Fidel Castro le 5 mars, et ses allers-et-retours privés pour se préparer à partir en Colombie.

[7] A ce sujet le réalisateur cubain Pavel Giroud a remporté le Prix du public du Festival du film Latino (Cinélatino) de Toulouse cette année, avec le film El acompañante, où il revient sur la question du Sida à Cuba dans les années 1980 (voir l’article du 17 octobre 2016 par Adrien Morcuende « "El acompañante" : quand Cuba poussait le Sida derrière les murs » dans le site France TV Info (Culturebox).

[8] Il s’agit du seul centre international de désintoxication des drogues dures pour les Amériques, avec celui de Hawaï, qui prenne en charge les patients jusqu’à leur désintoxication et leur rééducation complètes. C’est ainsi que le joueur argentin Diego Maradona y eut recours et au long de quatre ans de résidence thérapeutique dans l’île rencontra et devint proche de Fidel Castro, qui lui-même avait dû se désintoxiquer (Le Monde, « Diego Maradona le rebelle pleure le révolutionnaire Fidel Castro, son "second père" », 27 novembre 2016).

[9] Voir l’article consacré à Jacqueline Meppiel dans fr.wikipedia.

[10] L’œuvre a été nommée Guerillero Heroico, portrait d’Ernesto "Che" Guevara par Alberto Korda, le 5 mars 1960. Immédiatement en tant que médecin il était allé s’occuper des blessés et des victimes... D’autre part il était un combattant intraitable, un procureur révolutionnaire puis un ministre de la justice sans pitié, prononçant des exécutions, en ayant réalisé lui-même dans le maquis, puis à la Havane parfois allant discrètement assister aux exécutions. Mais il n’aurait jamais torturé ni fait torturer.

[11] Pour plus d’information on peut se reporter à l’article « Embargo des États-Unis contre Cuba », dans fr.wikipédia.

[12] José Martí, héros et martyr mort sous le feu des Espagnols durant la bataille indépendantiste Dos Ríos à Cuba, en 1895, était à la fois un intellectuel du mouvement moderniste, scientifique, poète, et un homme politique socialiste indépendantiste fondateur du parti révolutionnaire cubain. Héros de référence de la révolution cubaine cité par Fidel Castro et Che Guevara (fr.wikipedia).

[13] David. W. Dunlap, « Ricardo Porro, Exiled Cuban Architect, Dies at 89 », Art and Design, The New York Times, 29 décembre 2014.

[14] On peut lire dans le site de ressources Persée, qui recense des archives de revues, l’histoire et le compte-rendu de « La première conférence de solidarité des peuples d’Asie, d’Afrique, et d’Amérique latine » dite Tricontinentale (après la Bi-continentale), article intitulé « La "Tricontinentale" », par J.-J. Brieux, dans la revue Politique étrangère, volume 31 No 1, pp. 19-43 (1966).

[15] L’occasion était celle d’un congrès médical international qui se tenait opportunément à Montréal, où mon père devait faire l’information publique d’une observation des dangers mortels de la prescription à petite dose d’un des premiers neuroleptiques commercialisés, lequel sous certaines conditions associées et dans plusieurs cas étudiés avait provoqué des hémorragies de l’estomac. Je le cite ici, pour situer le moment des premiers bilans décennaux de la pratique hospitalière de la psychopharmacologie, alors relativement récente (commercialisation du Largactil en 1952).

[16] Le thème de l’Exposition universelle et internationale Montréal 1967 qui se tint du 28 avril au 29 octobre 1967 avait pour thème « Terre des Hommes ». On en trouve un rappel et des explications dans le site du Bureau International des expositions ; d’abord prévue à Moscou pour la célébration de l’anniversaire de la révolution soviétique, finalement Moscou s’étant décliné au profit d’une simple participation (néanmoins brillante), elle fut organisée au Canada où elle advint entre autre cadrée par le 100ème anniversaire de la Confédération canadienne.

[17] Il existe en édition bilingue un recueil des actes de ce colloque sur un des rares architectes modernes canadiens, organisé en 1999 par Iréna Latek, au Centre canadien d’architecture, et publié en 2002 dans le cadre de l’Institut de recherche en histoire de l’architecture : Peter Collins et l’histoire critique de l’architecture moderne (on peut en trouver des extraits dans Google Books).

[18] Je jouais aux dames avec mon proche compagnon, pendant que mes parents suivaient le journal télévisé... « Regarde, ils ont eu « la peau » de Guevara ! » me dit mon père. Découvrant l’image de ce corps martyr arrangé pour l’image, je fus sceptique. Après l’année passée dans le maquis et avec son visage peut-être encore modifié par la chirurgie esthétique à laquelle il avait eu recours pour entrer en Bolivie, ce que nous ignorions alors, il ne ressemblait pas du tout à Che Guevara. C’était comme une descente de croix arrangée sur un grabat et je dis à mon père : « C’est un faux ! », « C’est pour pour détruire le mythe de la révolution vivante, ils ont composé une scène de dissection comme un tableau mystique, sinistre, un vrai truc de fascistes » — j’ai donc dit à mon père, médecin lui-même, qui pouvait entendre la scène de dissection. Mais plus tard, les enregistrements télévisés de Fidel Castro authentifiant publiquement les photographies et surtout des détails du corps, comme des cicatrices reconnues, levèrent les doutes. Che Guevara était bien mort.
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[19] « En Afrique, la petite Cuba s’est donné un rôle planétaire », lire Le Monde, le 28 novembre 2016 ?

[20] Le vote à l’ONU sur la fin de l’embargo selon la promesse du Président Obama à son allié cubain a bien eu lieu le 26 novembre 2016, et les Etats-Unis comme Israël, derniers récalcitrants historiques solidaires, se sont abstenus pour la première fois sur ce sujet. La motion de levée de l’embargo est donc passée à l’unanimité sauf deux abstentions. Néanmoins elle ne sera pas applicable car la décision appartient maintenant au Congrès des Etats-Unis — notamment à la Chambre des Représentants — majoritairement Républicains de notoriété publique hostiles à la levée de l’embargo. (Voir l’information dans l’article « Levée de l’embargo contre Cuba : pour la première fois, les Etats-Unis s’abstiennent » dans le journal Le Monde d’après l’AFP, le 26 novembre au soir.)

[21] La lettre ouverte de Fidel Castro publiée le 28 mars dans le journal national Granma, adressée à Barak Obama qui venu pour la première fois sur l’ïle le 20 mars était resté jusqu’au 22. Au-delà de sa mort, il a le dernier mot  :

« El hermano Obama

No necesitamos que el imperio nos regale nada. Nuestros esfuerzos serán legales y pacíficos, porque es nuestro compromiso con la paz y la fraternidad de todos los seres humanos que vivimos en este planeta

Autor : Fidel Castro Ruz | internet@granma.cu

28 de marzo de 2016 01:03:16

Los reyes de España nos trajeron a los conquistadores y dueños, cuyas huellas quedaron en los hatos circulares de tierra asignados a los buscadores de oro en las arenas de los ríos, una forma abusiva y bochornosa de explotación cuyos vestigios se pueden divisar desde el aire en muchos lugares del país.

El turismo hoy, en gran parte, consiste en mostrar las delicias de los paisajes y saborear las exquisiteces alimentarias de nuestros mares, y siempre que se comparta con el capital privado de las grandes corporaciones extranjeras, cuyas ganancias si no alcanzan los miles de millones de dólares per cápita no son dignas de atención alguna.

Ya que me vi obligado a mencionar el tema, debo añadir, principalmente para los jóvenes, que pocas personas se percatan de la importancia de tal condición en este momento singular de la historia humana. No diré que el tiempo se ha perdido, pero no vacilo en afirmar que no estamos suficientemente informados, ni ustedes ni nosotros, de los conocimientos y las conciencias que debiéramos tener para enfrentar las realidades que nos desafían. Lo primero a tomar en cuenta es que nuestras vidas son una fracción histórica de segundo, que hay que compartir además con las necesidades vitales de todo ser humano. Una de las características de este es la tendencia a la sobrevaloración de su papel, lo cual contrasta por otro lado con el número extraordinario de personas que encarnan los sueños más elevados.

Nadie, sin embargo, es bueno o es malo por sí mismo. Ninguno de nosotros está diseñado para el papel que debe asumir en la sociedad revolucionaria. En parte, los cubanos tuvimos el privilegio de contar con el ejemplo de José Martí. Me pregunto incluso si tenía que caer o no en Dos Ríos, cuando dijo “para mí es hora”, y cargó contra las fuerzas españolas atrincheradas en una sólida línea de fuego. No quería regresar a Estados Unidos y no había quién lo hiciera regresar. Alguien arrancó algunas hojas de su diario. ¿Quién cargó con esa pérfida culpa, que fue sin duda obra de algún intrigante inescrupuloso ? Se conocen diferencias entre los Jefes, pero jamás indisciplinas. “Quien intente apropiarse de Cuba recogerá el polvo de su suelo anegado en sangre, si no perece en la lucha”, declaró el glorioso líder negro Antonio Maceo. Se reconoce igualmente en Máximo Gómez, el jefe militar más disciplinado y discreto de nuestra historia.

Mirándolo desde otro ángulo, cómo no admirarse de la indignación de Bonifacio Byrne cuando, desde la distante embarcación que lo traía de regreso a Cuba, al divisar otra bandera junto a la de la estrella solitaria, declaró : “Mi bandera es aquella que no ha sido jamás mercenaria…”, para añadir de inmediato una de las más bellas frases que escuché nunca : “Si deshecha en menudos pedazos llega a ser mi bandera algún día… ¡nuestros muertos alzando los brazos la sabrán defender todavía !...”. Tampoco olvidaré las encendidas palabras de Camilo Cienfuegos aquella noche, cuando a varias decenas de metros bazucas y ametralladoras de origen norteamericano, en manos contrarrevolucionarias, apuntaban hacia la terraza donde estábamos parados. Obama había nacido en agosto de 1961, como él mismo explicó. Más de medio siglo transcurriría desde aquel momento.

Veamos sin embargo cómo piensa hoy nuestro ilustre visitante :

“Vine aquí para dejar atrás los últimos vestigios de la guerra fría en las Américas. Vine aquí extendiendo la mano de amistad al pueblo cubano”.

De inmediato un diluvio de conceptos, enteramente novedosos para la mayoría de nosotros :

“Ambos vivimos en un nuevo mundo colonizado por europeos”. Prosiguió el Presidente norteamericano. “Cuba, al igual que Estados Unidos, fue constituida por esclavos traídos de África ; al igual que Estados Unidos, el pueblo cubano tiene herencias en esclavos y esclavistas”.

Las poblaciones nativas no existen para nada en la mente de Obama. Tampoco dice que la discriminación racial fue barrida por la Revolución ; que el retiro y el salario de todos los cubanos fueron decretados por esta antes de que el señor Barack Obama cumpliera 10 años. La odiosa costumbre burguesa y racista de contratar esbirros para que los ciudadanos negros fuesen expulsados de centros de recreación fue barrida por la Revolución Cubana. Esta pasaría a la historia por la batalla que libró en Angola contra el apartheid, poniendo fin a la presencia de armas nucleares en un continente de más de mil millones de habitantes. No era ese el objetivo de nuestra solidaridad, sino ayudar a los pueblos de Angola, Mozambique, Guinea Bissau y otros del dominio colonial fascista de Portugal.

En 1961, apenas dos años y tres meses después del Triunfo de la Revolución, una fuerza mercenaria con cañones e infantería blindada, equipada con aviones, fue entrenada y acompañada por buques de guerra y portaviones de Estados Unidos, atacando por sorpresa a nuestro país. Nada podrá justificar aquel alevoso ataque que costó a nuestro país cientos de bajas entre muertos y heridos. De la brigada de asalto proyanki, en ninguna parte consta que se hubiese podido evacuar un solo mercenario. Aviones yankis de combate fueron presentados ante Naciones Unidas como equipos cubanos sublevados.

Es de sobra conocida la experiencia militar y el poderío de ese país. En África creyeron igualmente que la Cuba revolucionaria sería puesta fácilmente fuera de combate. El ataque por el Sur de Angola por parte de las brigadas motorizadas de Sudáfrica racista los lleva hasta las proximidades de Luanda, la capital de este país. Ahí se inicia una lucha que se prolongó no menos de 15 años. No hablaría siquiera de esto, a menos que tuviera el deber elemental de responder al discurso de Obama en el Gran Teatro de La Habana Alicia Alonso.

No intentaré tampoco dar detalles, solo enfatizar que allí se escribió una página honrosa de la lucha por la liberación del ser humano. De cierta forma yo deseaba que la conducta de Obama fuese correcta. Su origen humilde y su inteligencia natural eran evidentes. Mandela estaba preso de por vida y se había convertido en un gigante de la lucha por la dignidad humana. Un día llegó a mis manos una copia del libro en que se narra parte de la vida de Mandela y ¡oh, sorpresa ! : estaba prologado por Barack Obama. Lo ojeé rápidamente. Era increíble el tamaño de la minúscula letra de Mandela precisando datos. Vale la pena haber conocido hombres como aquel.

Sobre el episodio de Sudáfrica debo señalar otra experiencia. Yo estaba realmente interesado en conocer más detalles sobre la forma en que los sudafricanos habían adquirido las armas nucleares. Solo tenía la información muy precisa de que no pasaban de 10 o 12 bombas. Una fuente segura sería el profesor e investigador Piero Gleijeses, quien había redactado el texto de “Misiones en conflicto : La Habana, Washington y África 1959-1976” ; un trabajo excelente. Yo sabía que él era la fuente más segura de lo ocurrido y así se lo comuniqué ; me respondió que él no había hablado más del asunto, porque en el texto había respondido a las preguntas del compañero Jorge Risquet, quien había sido embajador o colaborador cubano en Angola, muy amigo suyo. Localicé a Risquet ; ya en otras importantes ocupaciones estaba terminando un curso del que le faltaban varias semanas. Esa tarea coincidió con un viaje bastante reciente de Piero a nuestro país ; le había advertido a este que Risquet tenía ya algunos años y su salud no era óptima. A los pocos días ocurrió lo que yo temía. Risquet empeoró y falleció. Cuando Piero llegó no había nada que hacer excepto promesas, pero ya yo había logrado información sobre lo que se relacionaba con esa arma y la ayuda que Sudáfrica racista había recibido de Reagan e Israel.

No sé qué tendrá que decir ahora Obama sobre esta historia. Ignoro qué sabía o no, aunque es muy dudoso que no supiera absolutamente nada. Mi modesta sugerencia es que reflexione y no trate ahora de elaborar teorías sobre la política cubana.

Hay una cuestión importante :

Obama pronunció un discurso en el que utiliza las palabras más almibaradas para expresar : “Es hora ya de olvidarnos del pasado, dejemos el pasado, miremos el futuro, mirémoslo juntos, un futuro de esperanza. Y no va a ser fácil, va a haber retos, y a esos vamos a darle tiempo ; pero mi estadía aquí me da más esperanzas de lo que podemos hacer juntos como amigos, como familia, como vecinos, juntos”.

Se supone que cada uno de nosotros corría el riesgo de un infarto al escuchar estas palabras del Presidente de Estados Unidos. Tras un bloqueo despiadado que ha durado ya casi 60 años, ¿y los que han muerto en los ataques mercenarios a barcos y puertos cubanos, un avión de línea repleto de pasajeros hecho estallar en pleno vuelo, invasiones mercenarias, múltiples actos de violencia y de fuerza ?

Nadie se haga la ilusión de que el pueblo de este noble y abnegado país renunciará a la gloria y los derechos, y a la riqueza espiritual que ha ganado con el desarrollo de la educación, la ciencia y la cultura.

Advierto además que somos capaces de producir los alimentos y las riquezas materiales que necesitamos con el esfuerzo y la inteligencia de nuestro pueblo. No necesitamos que el imperio nos regale nada. Nuestros esfuerzos serán legales y pacíficos, porque es nuestro compromiso con la paz y la fraternidad de todos los seres humanos que vivimos en este planeta.

Fidel Castro Ruz

Marzo 27 de 2016

10 y 25 p.m. »
Une traduction en français par Michel Taupin est accessible dans le site de L’autre quotidien
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