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Occupy Wall Street ! Occupez Wall Street ! L’appel du 23 septembre aux journalistes (1) 

dimanche 25 septembre 2011, par Marc Adler

 Cet article comprend l’intégration d’un badge en temps réel d’un fil de tendance de Twitter [1] et d’une vidéo streaming en direct de Zuccotti Park (renommé Liberty Plaza et Liberty Park), à New York. Aujourd’hui 25 septembre, depuis 7 jours Wall Street est occupée par des activistes non violents qui dorment sur place. Aucune agence de Presse ni journal de la grande Presse n’en ont parlé en France bien que le groupe se renouvelle chaque jour et que plusieurs milliers de personnes l’aient inauguré en marchant pour demander que Troy Davis ne soit pas exécuté. Tandis que le rally des Indignés européens vise Bruxelles (et bientôt Francfort ?), là-bas c’est un rally où les anonymous réapparaissent parmi d’autres activistes des droits civiques et qui cible la source même de la destruction de la démocratie par les grands groupes capitalistes après qu’ils aient détruit l’économie « Occupez Wall Street / Occupy Wall Street » :
https://occupywallst.org/
Le cookie du site (traduit) : " La révolution des États-Unis d’Amérique a commencé le 17 septembre ". Adbusters, autre site (new-yorkais).
 Même si cette manifestation est réprimée en incarcérant et en forçant certains à rentrer chez eux, après avoir fait des blessés dans les rangs pacifistes, c’est un test ; le mouvement ciblant Wall Street s’est inauguré en septembre et n’est pas prêt de s’arrêter. Il tisse le fil du sens. (A. G. C.)


L’occupation activiste pacifique de Wall Street contre la spéculation boursière et l’exonération fiscale des profits financiers, pour la santé et contre le chômage, et qui dure depuis 7 jours et 7 nuits, sans qu’aucune information ne nous en ait été donnée dans les principaux médias ni même dans les nôtres libres [2], a été violemment réprimée le 23 septembre [3] (mais se poursuit).

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Jeune tambour inanimé après avoir été agressé par plusieurs policiers
le 23 septembre 2011 à New York NY.
Source non signée

http://www.digitaljournal.com/article/311886



Traduction (rapide donc approximative mais j’espère sans contresens) de l’appel aux journalistes par Marc Adler transmis dans le site de Michael Moore.

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Source non signée


An Open Letter from Occupy Wall Street to All Americans and Progressive Media

Friday, September 23rd, 2011 at 7:21 pm

Lettre ouverte de Occuper Wall Street à tous les médias et américains progressistes

Vendredi 23 septembre 2011 à 19h 21

Please join us / S’il vous plait rejoignez-nous :

This is an open letter to all Americans, and particularly to progressive magazines, Web Sites, TV programs, etc. Please spend most of your time focusing on the Occupy Wall Street protests. This is real, this is serious, and this will become a mass movement. I have been here every day for the past week. Everyone is dedicated and determined. People have come from all over the country, and they plan to stay for months. Many have been sleeping outside, on the floors of Zuccotti Park, and others have been arrested, sacrificing their comfort for the most important of all causes. It’s safe to assume the mainstream media either will not cover the demonstrations at all or will do so only to ridicule us. But liberal media outlets must get on board. If you do not, you are essentially useless.

Ceci est une lettre ouverte à tous les Américains, et en particulier aux magazines progressistes, sites Web, programmes TV, etc. S’il vous plaît passez le maximum de temps à vous concentrer sur les protestations « Occuper Wall Street ». Ceci est réel, c’est du sérieux, et ça va devenir un mouvement de masse. Je suis ici tous les jours depuis la dernière semaine. Tout le monde est dévoué et déterminé. Des gens sont venus de partout dans le pays, et ils ont l’intention de rester pendant des mois. Beaucoup ont été dormir dehors, sur les planches du Zuccotti Park, et d’autres ont été arrêtés, sacrifiant leur confort pour la plus importante de toutes les causes. On peut être tranquille de supposer que les médias traditionnels soit ne couvriront pas du tout les manifestations soit ne le feront qu’afin de nous ridiculiser. Mais les médias libéraux (libres) doivent monter à bord. Si vous ne le faites pas, vous êtes tout simplement inutiles.

As a journalist myself, I know the only reason any serious progressive does reporting is because he or she wants to motivate people to get off the couch and hit the streets. We journalists write articles, participate in TV segments, appear in documentaries… For what ? To inform people of how they’ve been enslaved by the corporate state. And to make them understand that they have the power to restore their democracy if they choose to.

En tant que journaliste moi-même, je sais que la seule raison qu’un quelconque progressiste sérieux fasse ce reportage, c’est qu’il ou elle veuille motiver les gens à quitter leur canapé pour aller occuper la rue [4] Nous, les journalistes écrivons des articles, participons à des séquences de télévision, apparaissons dans des documentaires... Pour quoi faire ? Pour informer les gens sur la façon dont ils ont été asservis par l’État des grandes sociétés. Et pour leur faire comprendre qu’ils ont le pouvoir de restaurer leur démocratie s’ils choisissent de le faire.

If we in the media don’t do our part we might as well not exist. If we don’t cover these protests day and night to try to mobilize a revolution, then we are just complainers.

Si nous, personnes des médias, nous n’en prenons pas notre lot, c’est comme si nous n’existions pas. Si nous ne couvrons pas ces protestations jour et nuit pour tenter de mobiliser une révolution, alors nous ne sommes que des râleurs.

Some have done good work. As always, Democracynow ! has done excellent reporting. I also commend Keith Olbermann, who in his special comment after the debt deal admonished that all we have left is civil disobedience. He has reported on our movement and called attention to the shameful lack of coverage elsewhere.

Certains ont fait du bon travail. Comme toujours, « Democracy Now ! » a fait d’excellents reportages. Je félicite également Keith Olbermann, qui dans son commentaire spécial après l’affaire de la dette a averti que tout ce qu’il nous reste à gauche [5] c’est la résistance passive (la désobéissance civile). Il a signalé notre mouvement et a appelé l’attention sur l’absence honteuse de couverture médiatique par ailleurs.

But overall, I have found the left’s coverage extremely disappointing. Important publications, such as the Nation, Salon, Huffington Post, Truthdig, etc., have done far too few stories on Occupy Wall Street. The protests must be front page material, every day.

Mais en définitive, j’ai trouvé la couverture de gauche extrêmement décevante. Les publications importantes, comme la Nation, le Salon, le Huffington Post, Truthdig, etc., ont fait trop peu d’articles sur « Occuper Wall Street ». Chaque jour les protestations doivent faire la matière de la Une.

We need prominent attention. Right now there are a few hundred of us, which in itself is impressive and meaningful. But we must channel this energy into a mass movement. There’s no reason why thousands of people shouldn’t be here with us right now, as this country is reeling from staggering unemployment, mass poverty, a broken health care system that leaves tens of thousands to die for lack of coverage, and unprecedented concentration of wealth and power. It’s a matter of getting the word out and making people understand why Occupy Wall Street is the most important thing to happen in America in a long time, perhaps even more so than the Wisconsin strikes. Wisconsin, as inspiring and important as it was, centered upon a specific issue—collective bargaining rights and the corporate assault on unions ; Occupy Wall Street revolves around much broader issues, primarily the very notion of democracy itself.

Nous avons besoin d’une attention de premier plan. Actuellement, il y a quelques centaines d’entre nous, ce qui en soi est impressionnant et significatif. Mais nous devons canaliser cette énergie dans un mouvement de masse. Il n’y a aucune raison pour que des milliers de personnes ne doivent pas être avec nous ici, dès maintenant, car ce pays est sous le choc d’un taux de chômage vertigineux, de la pauvreté de masse, d’un système des soins de santé brisé qui laisse des dizaines de milliers de personnes mourir par manque de couverture sociale, et la concentration sans précédent de la richesse et du pouvoir. La question est de faire passer le mot et de faire comprendre aux gens pourquoi « Occuper Wall Street » est la chose la plus importante qui se produise en Amérique depuis longtemps, peut-être même davantage que les grèves du Wisconsin [6]. Le Wisconsin, si important et inspirant fût-il, était centré sur une négociation spécifique — les droits des conventions collectives, à propos de l’assaut des entreprises sur les syndicats ; « Occuper Wall Street » tourne autour de questions beaucoup plus larges, principalement la notion même de démocratie.

If everyone works together we can mobilize huge chunks of the population, force change and make demands. It is possible. It’s up to us. Every pundit, every writer, every filmmaker, every talk show host, every TV personality must do what they can to help. Famous figures who can mobilize their fans must bring as many people here as possible. If you can’t make it to New York City, you can still contribute. Check out our Web Site and follow us from there. Talk about what’s going on. Call people you know in New York for first-hand accounts if possible.

Si tout le monde travaille ensemble, nous pouvons mobiliser d’énormes parties de la population, forcer le changement et faire les demandes. C’est possible. C’est à nous qu’il revient de le faire. Chaque expert, chaque écrivain, chaque cinéaste, chaque animateur de Talk Show, chaque personnalité de la télévision, doivent faire ce qu’ils peuvent pour aider. Comme des personnalités célèbres qui peuvent mobiliser leurs fans doivent amener le plus de monde possible ici. Si vous ne pouvez pas vous rendre à New York City, vous pouvez toujours contribuer. Consulter notre site Web et nous suivre à partir de là. Parler de ce qui se passe. Appelez si possible les gens que vous connaissez à New York pour avoir des compte-rendus de première main.

And most important, every American out there can participate. Everyone reading this article can contribute. If you’re not from New York and can’t make it, show solidarity by checking out our Web Site and donating some money to help us pay for food and other necessities. Tell friends you have in New York to come out and join us. Try to picket a branch of a big bank in your area.

Et le plus important, chaque Américain où qu’il soit peut y participer. Chacun de ceux lisant cet article peut y contribuer. Si vous n’êtes pas à New York et ne pouvez pas occuper, montrez de la solidarité en pointant régulièrement sur notre site Web et en donnant un peu d’argent pour nous aider à payer la nourriture et autres nécessités. Dites à vos amis de New York de sortir et de nous rejoindre. Essayez de faire un piquet d’information à la porte de la succursale d’une grande banque de votre région.

Every day I go out to Zuccotti Park I am in awe of what I see. Occupy Wall Street consists mainly of young citizens who are serious about their democracy and their future, and we are leading the way. Hope does not come from the White House. It will not come from Congress. It will not come from the United Nations. And as the execution of Troy Davis proves yet again, it certainly will not come from the Supreme Court. Our only option is civil disobedience. If we the people don’t stand up for ourselves with non-violent, peaceful protest, nobody will. The corporate elite are counting on you to stay passive and let Occupy Wall Street fizzle out. This is our chance. It’s up to us. Occupy Wall Street has lit a spark. Will we set the country aflame ?

Chaque jour je sors pour le Parc Zuccotti et je suis impressionné par ce que je vois. « Occuper Wall Street » se compose surtout de jeunes citoyens qui prennent leur avenir et leur démocratie au sérieux et nous montrons la voie. L’espoir ne vient pas de la Maison Blanche. Il ne viendra pas du Congrès. Il ne viendra pas des Nations Unies. Et comme l’exécution de Troy Davis le prouve encore une fois, l’espoir ne viendra certainement pas de la Cour suprême. Notre seule option est la désobéissance civile. Si nous le peuple [7] ne nous levons pas pour nous-mêmes, en protestation non violente, pacifique, personne ne le fera à notre place. L’élite des grandes sociétés compte sur vous pour rester passif et laisser s’éteindre « Occuper Wall Street ». Voici notre chance. Elle est à notre portée. « Occuper Wall Street » a allumé une étincelle. Mettrons-nous le feu au pays ?


Traduction rapide de l’appel de Marc Adler par Louise Desrenards, version française librement reproductible (à informer avec le lien actif de la source originale de l’article dans La revue des ressources : http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article2131.)

N.B. Une version non finalisée (non corrigée) de la même traduction (de L.D.) a été publiée par Orphée dans le site bellaciao.org, avec l’accord de la traductrice.

Source anglophone :

http://www.michaelmoore.com/words/mike-friends-blog/an-open-letter-from-occupy-wall-street-to-all-americans-and-progressive-media

L’article des Inrocks sur l’origine du mouvement (Toronto).

Ndlr, 27 septembre : La RdR présente la traduction de la Déclaration solidaire de Noam Chomsky (publiée en anglais la veille dans Roar magazine le 26 septembre)

P.-S.

Le fil sur Youtube (index des vidéos à droite) :
http://www.youtube.com/watch?v=cG_TKAJyV6k

Le fil en temps réel des publications sur les événements
sur Google

Le fil live de Rue89 à la Une le 26 septembre (le choix du fil de tendance est le global il n’y a donc pas de redoublement avec celui que nous proposons ici, le new-yorkais, même si des informations peuvent se recroiser par les différents liens proposés dans les Tweets — mais pas systématiquement — ; voir dessous).

Le fil global de Twitter sur le mouvement est signalé par #occupywallstreet ou #OccupyWallStreet en temps réel des tweets. Ce fil permet d’intégrer le timing de l’occupation et en outre d’évaluer le progrès du mouvement d’occupation dans les différentes villes américaines. (Vous pouvez générer le code de votre badge Twitter pour le mettre dans votre site).

Live stream video from Liberty Plaza, New York, Occupy Wall Street !

Watch live streaming video from globalrevolution at livestream.com

Le fil de tendance Twitter des protagonistes new yorkais :

Notes

[1] Le 27 septembre 2011 : devant le démarrage de la médiatisation effective de l’événement Occupy Wall Street et son développement dans d’autres villes des États-Unis, sans oublier le redoublement des manifestations devant les anciens services publics en Grèce, depuis quelques jours les fils de tendance peuvent être perturbés par une censure à haut niveau de Twitter — directement assujetti par le gouvernement et la sécurité intérieure américains, — souvent déguisée en problème technique ou de protection de l’internaute, de même que des emails depuis les adresses de Yahoo (sous le régime de la recapitalisation boursière de Yahoo en majorité chinoise) — voir l’information dans les groupes de Google.

[2] * Il faut saluer Bellaciao.org où dès le 17 septembre était publiée une première vidéo du rassemblement ; c’est pourquoi la version brute (non finalisée) de cette traduction relayant l’appel du 23 septembre y a été transmise en premier lieu, pour faire sens de l’attention sur ces événements dans ce site (la même nuit que la version définitive un peu plus tard dans La RdR).

[3] Une question sur le manque d’information dans la Presse peut trouver une réponse, sans doute insuffisante mais nécessaire, dans le fait de l’arrestation des journalistes par la police. Tel celui qui apparaît à genoux et regardant l’objectif dans la photo suivante : http://goo.gl/G71wc, journaliste à PBS — d’après un correspondant critique à la page du temps réel de Occupy sur Rue 89, que nous remercions...

[4] - Littéralement "hit the street" entend un équivalent en français "battre le pavé", mais la synonymie de cette expression en français peut aussi signifier une posture statique (l’attente) plutôt que la marche en défilé, de "faire les cent pas" à "faire le pied de grue". Nous choisissons "occuper la rue" qui paraît joindre les deux sens et mieux correspondre à l’action en cours, comme à la langue non vernaculaire utilisée par l’auteur.

[5] - Le mot "left" ici est un jeu de mot sur "gauche" et "ce qu’il reste" — "left" étant à la fois "gauche", comme on en retrouve le sens ailleurs dans le texte, et le participe passé de "leave" (laisser - ici : "tout ce qui nous est laissé"), — mais il est intraduisible en français d’où le choix d’aligner ces deux sens dans la traduction.

[6] - Toujours dans le site Bellaciao.org, on trouve différents articles sur cette lutte, dont les titres et les liens sont rassemblés sous la requête "site:bellaciao.org/fr wisconsin" dans Google, consacrés aux événements du Wisconsin.
D’autre part à la requête "Grèves du Wisconsin", dans l’interface anglophone de Google, on trouve le lien du site WSWS qui pointe sur un article de la rubrique Nouvelles et analyses, États-Unis, dont le titre est : La loi antiouvrière du Wisconsin : une attaque historique sur la classe ouvrière (...)" ; on peut y lire un résumé de l’historique et une analyse (en français) de la loi antiouvrière radicalement liberticide qui a été votée par le parlement du Wisconsin au printemps dernier (2011) : World socialist Website
.

[7] - " We the People " — littéralement : Nous, les gens — est le commencement du texte de la constitution américaine.

[8] - La note bibliographique de l’auteur dans le site de Michael Moore : My name is Marc Adler. I’m a recent graduate of NYU’s Gallatin School of Individualized Study and a freelance journalist who runs a blog, The Bloody Crossroads. My goal is to explain how state/corporate power controls our society and is destroying civilization, and why we must radically change our attitudes towards the political system and mass media. Many articles I write rely on scholarly sources to discuss broader issues, such as American empire and corporate abuse, others analyze bias/propaganda in the mass media, and many are interview-based pieces designed to personalize and dramatize the horrifying costs of unfettered capitalism.

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