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27 mars 2010, par Rodolphe Christin
Kévin admirait le paysage, debout devant la porte de la cabane. Ils étaient arrivés hier, après des heures de mauvaise piste. Depuis qu’il séjournait en altitude, à une journée de marche du Refuge du Loup, Kévin se sentait plus loquace. Euphorique presque, était-ce un effet de l’altitude ? Il croyait plutôt à l’influence des magnifiques paysages qui les entouraient (la mer lui procurait des (…)
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6 septembre 2009, par Rodolphe Christin
Tout commence par le paradoxe de l’étendue désertique qui sans toi, qui que tu sois, ne parlerait jamais à personne car le désert est par endroits la matière première de sa formulation en signes de quoi ? - en signes de vie comme la brindille poussée de travers sur le sable en dessins pentus et obliques
Un itinéraire, le pas, le verbe, l’écriture et l’empreinte, traces, on suit sur (…)
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6 juillet 2009, par Rodolphe Christin
VOYAGER VRAIMENT. En ses tréfonds, le voyage ne serait pas une pratique anodine mais un mouvement qui engage l’être dans son intégralité. L’horizon du voyage n’est pas d’une solidité objective, il prend une consistance essentiellement symbolique, nourrie d’un rapport au réel revisité qui sollicite l’imaginaire. D’où l’étroitesse de la relation que le voyage entretient avec l’expérience et qui (…)
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29 mai 2010, par Rodolphe Christin
La flamme d’une bougie luisait depuis quelques minutes à travers la fenêtre du refuge. Grazziella et Tob’ étaient réveillés. Mathilde regarda sa montre, il était trois heures trente. Elle réveilla Hector, entortillé dans son sac de couchage. Seule émergeait une partie de son crâne, lisse comme un galet rose. Les deux lascars n’étaient finalement pas si légers que ça, estima Hector avec une (…)
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6 février 2010, par Rodolphe Christin
Cinq.
Dans son boudoir de la rue des amis, Clara n’était jamais en retard. Un rendez-vous est un rendez-vous. Courtoisie et professionnalisme l’obligeaient à un minimum de rigueur. C’était un principe auquel elle ne dérogeait jamais. En outre, son client Monsieur Dumenclin n’aimait guère attendre, comme tous les gens importants, ou plutôt : qui se sentaient importants. Personne n’est (…)
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22 mai 2010, par Rodolphe Christin
Ils en étaient proches à présent. Il était là, dans leur collimateur. Deux-cents mètres à vol d’oiseau. Un toit de tôle sur des murs de pierre. Certains d’entre eux avaient été récemment consolidés, on voyait les joints de ciment, neufs et gris, entre les blocs.
Le Pic de l’Etincelle projetait son ombre sur le Refuge du Loup sans parvenir à l’enlever aux regards. Mathilde et Hector se (…)
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21 janvier 2011, par Rodolphe Christin
FORET 0
Le feu craquait, nourri de résines gluantes. Ses doigts en portaient la trace indélébile depuis qu’il vivait dehors.
Elle se tenait accroupie près du brasier, elle aussi. Elle venait d’ajuster une perche, appuyée sur un galet emprunté à la berge, son extrémité glissée sous une autre roche servait de contrepoids. A l’autre extrémité, une bouilloire noire de suie, le cul dans les (…)
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3 avril 2010, par Rodolphe Christin
Hector Dumenclin détaillait vainement, avec désespoir, ces montagnes livides de brouillard qui s’étendaient autour de lui. Les yeux libérés, il restait incapable d’identifier l’endroit où il se trouvait. C’était bien évidemment l’intention de ses ravisseurs, qui se garderaient bien de lui donner le détail des lieux s’il avait la naïveté de leur poser la question. Le Pic de l’Etincelle et le (…)
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1er mai 2010, par Rodolphe Christin
Hector se faisait beau et prenait ses plus belles manières. L’eau courante à l’extérieur permettait de faire une toilette quotidienne, il se félicitait donc d’avoir lavé ses vêtements la veille. N’ayant pas eu le temps de faire sa valise, il devait veiller à la bonne tenue du peu qu’il avait. Il se demandait parfois s’il ne commençait pas à apprécier sa nouvelle existence, qu’il jugeait (…)
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7 avril 2022, par Rodolphe Christin
S’en aller avec Kerouac, et risquer l’abordage d’horizons imprévus sur une vieille terre d’Amérique bousculée dans ses repères car traversée comme jamais. Vue, vécue, elle tremble, vacille, dépasse les bornes, dérangée par le rythme des voyages intérieurs, extérieurs. L’horizon qui appelle se rapproche ensuite, prend consistance grâce au voyage, devient palpable pour l’expérience avide de le (…)