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17 décembre 2003, par Jean-Patrice Dupin
Je croyais qu’elle devait passer la soirée avec des amis à elle, alors qu’en fait pas du tout : ils avaient pas pu. Donc on se retrouve tous les deux, on sait pas trop quoi faire. Je propose par exemple qu’on aille au restaurant, bon pourquoi pas, mais où ? Tout ça se passe sur le trottoir en bas de chez moi. Un quartier où il y a surtout des pizzerias. Mais bof non. Elle a pas tellement envie (…)
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27 juin 2005, par Jean-Patrice Dupin
Marbach, le narrateur de Tout casse, est un personnage solitaire, un peu du genre de ceux que connaissent bien les amateurs de Thomas Bernhard, reclus dans la demeure ancestrale qui porte son nom, avec pour seule compagnie une meute de chiens féroces, et pour seule passion la lecture à longueur de journée des Oraisons funèbres de Bossuet, devant la photographie d’une jeune fille morte. Du (…)
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8 juillet 2005, par Jean-Patrice Dupin
"C’est toute une histoire. Pas drôle du tout. Je ne pourrais même pas la raconter, si je voulais", avoue à un moment le narrateur anonyme de L’Imprévu. Résultat : c’est Christian Oster qui s’y colle, et qui profite de l’occasion pour faire de ladite histoire la matière même de son onzième roman (si l’on excepte ses nombreux écrits pour la jeunesse).
Un narrateur anonyme, donc, dont la (…)
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28 novembre 2005, par Jean-Patrice Dupin
« Existe une forme pauvre, une forme qui succombe à tout commentaire, une forme qui est une déconfiture totale de son projet, une faillite bouleversante de la peinture, une déchéance de la matière, un ratage complet de la trace, une forme qui peine à être une forme. On l’appelle ici l’Art modeste. »
Alain Sevestre s’est astreint à regarder en face ces tableaux de fond de grenier, de (…)
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6 octobre 2005, par Jean-Patrice Dupin
Tout commence avec un notaire, qui se qualifie lui-même de "notaire déchu", et qui, inlassablement, sillonne seul au volant de sa voiture les départementales du Maine-et-Loire, à la recherche de la première phrase de ce qui devrait être ce qu’il appelle son "anti-testament". De cette première phrase devraient découler toutes les autres, pour aboutir à un document incompréhensible par (…)
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juin 2005, par Jean-Patrice Dupin
Thomas Berhard : Oui
Éric Chevillard : Palafox
Alexandre Dumas : Le Comte de Monte-Cristo
Jean Echenoz : L’Équipée malaise
Félix Fénéon : Nouvelles en trois lignes
Witold Gombrowicz : Cosmos
P.N.A. Handschin : Déserts
Franz Kafka : Le Procès
Michel Leiris : La Règle du jeu
Jean-Patrick Manchette : Le Petit Bleu de la côte Ouest
Henri Michaux : Ailleurs
Robert Musil : (…)
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12 janvier 2006, par Jean-Patrice Dupin
Couloirs obscurs, portes infranchissables, craquements sinistres, La Maison dans les ténèbres est le lieu d’un inquiétant huis-clos, le théâtre d’un combat sans merci qui oppose les tenants, clandestins, du Bien, à ceux, tout-puissants, du Mal.
Écrit en pleine période d’occupation allemande de la Norvège, ce roman s’affirme évidemment d’emblée comme une allégorie de la situation politique (…)
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6 mars 2006, par Jean-Patrice Dupin
« Le cours classique », c’est le nom d’un cycle d’études dispensé au sein du collège Trinité, cadre de ce roman d’Yves Ravey. La routine y va de pair avec l’exigence, pour les élèves comme pour les professeurs, d’une rigueur morale à toute épreuve. Tant sont draconiennes les règles explicites ou implicites qui régissent ce cours, qu’il suffira d’un incident mineur pour donner lieu à une (…)
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27 mai 2005, par Jean-Patrice Dupin
La Puissance des mouches est le quatrième roman publié par Lydie Salvayre. Dans ce texte, le personnage principal est un meurtrier qui raconte sa vie par bribes, son dégoût des autres et sa passion pour Blaise Pascal.
Au moment où débute le livre, le criminel est en prison, où il répond aux questions d’un juge ; supposées questions, car celles-ci ne sont pas formulées pour le lecteur, qui (…)
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22 mai 2006, par Jean-Patrice Dupin
C’est en 1868 que William Wilkie Collins fait paraître en feuilleton dans une revue, dans laquelle écrit aussi son ami et admirateur Charles Dickens, ce Pierre de lune que plus tard T.S. Eliot qualifiera de « meilleur roman policier de langue anglaise », et dont Jorge Luis Borges dira qu’il est aussi le premier roman policier de l’histoire de la littérature (alors d’ailleurs que nombreux sont (…)