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Labyrinthes ou mausolées  

dimanche 1er février 2026, par Sacha Zamka

LABYRINTHES OU MAUSOLÉES



[…]


☐◼︎☐


libre

pour dire qui je suis je n’ai que vingt-six signes
je renonce à survivre et rien ne me déchiffre

rayons éternisés dans le jour qui décline
je me perds dans un ciel qui n’a pas de limite
mes yeux sont refermés sur le fait que j’existe

qui dira si je veux ou bien si je désire ?
ma chair est dénudée et ma conscience est vide

ma seule vérité tient en un seul mot : libre



◼︎


direction

mes origines se dispersent
à l’est de mon désespoir rien
ne m’a enseigné qui je suis

je me perds dans les labyrinthes
et je me perds dans les chemins

qui ne mènent à nulle part
rêve brisé rêve détruit

je demande ma direction
aux comètes qui agonisent
et aux constellations qui meurent


◼︎

splendeur

est-ce ma faute à moi si mes deux yeux se plissent ?
ma chair ne fait que face à d’obscures énigmes

être humain suis-je aveugle ou bien suis-je invisible ?
je meurs de n’avoir pas de vérité intime
mes yeux fixent le ciel et j’en ai des vertiges

le rêve se détruit puisque rien ne l’explique
exister me séduit et exister m’attire
si je crois autant croire à la splendeur de vivre



◼︎


logique

mon esprit ne répond à aucune logique
désirs ou volontés vais-je jusqu’au délire ?

l’éternité s’étend yeux refermés j’oublie
aucun ciel étoilé ici-bas ne me guide

la réalité cède à condition d’être ivre
qui prétendra savoir si j’inspire ou j’expire ?
énigme silencieuse et mystère indicible

je ne sais plus rien faire à part des sacrifices


◼︎

terrestre

quelques poussières d’être humain
derniers jours derniers équinoxes
ma chair redevient de l’argile

je ne sais plus trop où j’en suis
automne hiver printemps été
les saisons meurent une à une

mes lèvres ont soif d’infini
ne suis-je à jamais que vacarme ?

ne suis-je à jamais que silence ?



◼︎


galaxie

à chacun son mystère à chacun son énigme

dois-je donner un sens à mon propre organisme ?
je tends mes mains au ciel et mes mains restent vides
je cherche à déchiffrer ce que veut dire libre

apprendrai-je à mourir ou apprendrai-je à vivre ?
rien ne m’est destiné dans cette galaxie
ivre ma vérité n’est rien d’autre qu’un rythme

je ne sais plus vraiment si âme et chair j’existe


◼︎

souffrance

la chair n’est-elle que souffrance ?

je marche dans un labyrinthe
qui se détruit à mon passage

l’univers gît rien n’a de sens

aucune étoile n’est au ciel
aucune étoile n’est en moi
énigme et réciprocité

je pleure et mes larmes m’aveuglent


◼︎



rythmique

ma jeunesse prend fin et mes cheveux blanchissent
je tremble étrange rite et étrange rythmique
des squelettes d’oiseaux en face de moi gisent

à quelle éternité devrais-je mes vertiges ?

qu’on m’apprenne le sens des mots que je prodigue
je n’ai de vérité que par ma chair qui vibre

c’est à un dieu qui meurt que mes paumes s’agrippent
tout n’est-il que destin ou tout n’est-il que vies ?


◼︎



jeunesse

ma jeunesse a déjà des rides
et je ne sais plus qui je suis
est-ce vraiment ma faute à moi

si je meurs et si j’agonise ?
sur les sentiers de la mémoire

je porte en noir le deuil de dieu
incapable d’être moi-même
je n’ai ni face ni visage

à donner à l’éternité



◼︎


terrestre

le ciel se désintègre et mes yeux se referment
ma noirceur prend racine au fin fond des ténèbres
je pleure un rien reptile et un rien mammifère

est-ce ma faute à moi si j’ai le regret d’être ?
je ne suis qu’âme et chair et deux néant m’encerclent
mon coeur bat à rebours et en moi rien n’émerge
ma sincérité gît à l’intérieur d’un gène

paysages reniés ne suis-je que terrestre ?


◼︎

éternité

éternité que mon visage
éternité que ma figure
qui m’apprendra à renoncer ?

je m’en vais pleur je m’en vais larme
au-delà de ce qui existe
la seule tristesse c’est d’être
et mes paupières se referment

sur des ruines qui s’assombrissent
et des vestiges qui s’irisent


◼︎

plaie

au milieu du désert mes lèvres se dessèchent
existence ou néant rien n’est vraiment inerte

que m’importe d’errer je me tais je me terre
mon sang est aussi noir que ce qui fait ma peine

mes yeux cherchent un dieu qui me détruit ou presque
le vent se lève en vain ma nuque reste raide
je ne sais pas vraiment à quoi je suis rebelle

je nais par la blessure et je nais par la plaie



◼︎


demeure

sous des spirales étoilées
le temps meurt le temps agonise

et aimer est le seul précepte
je voudrais réapprendre à vivre
mes yeux se ferment sur moi-même

labyrinthes ou mausolées

je pleure à chacun son tombeau
je pleure à chacun sa demeure



◼︎


âge

regret le ciel m’éventre et le ciel me balafre
le temps a inversé le trajet de mes larmes

je referme les yeux sur des rêves diaphanes
qui dira le néant auquel ma chair fait face ?
souvenirs dispersés et vérités éparses

déjà le vent m’aveugle et peut-être me masque
à deux éternités je n’oppose qu’un âge
dois-je périr comète ou dois-je périr astre ?



◼︎


comètes

l’infini est entre mes paumes
et le ciel est presque étoilé

rien n’a de sens à part le deuil
que j’ai à faire de moi-même
les poings fermés sur des comètes

je marche vers les autres mondes
la chair à jamais égarée

entre amour et adoration


☐◼︎☐


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