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Essai pour une impossible biographie (1979) 

jeudi 27 juin 2013, par André Laude (1936-1995)

Né en 1936 à Paris dans une famille pauvre. Père occitan, mère polonaise
et juive. Découvre très tôt son appartenance à la planète métèque,
« l’inconvénient d’être né » (E.M. Cioran), la guerre des classes, la rage
rimbaldienne, la maladie, l’angoisse, le vin , la mort.

Anarchiste à quinze ans, participe à la lutte clandestine contre le régime
franquiste, puis au combat en faveur des peuples colonisés par la France
impériale, sans espoir, avec conviction.

Rencontre André Breton, Benjamin Péret, comme lui rebelles et « rêveurs
définitifs ». Rencontre encore Isidore Isou, Guy Debord, Raoul Vaneigem, les
« situationnistes », Daniel Cohn-Bendit à « Noir et Rouge », François Bott et
la rédaction de la revue Exigence. Lit Nietzche, Lacenaire, Bakounine, Freud,
Marcuse, Segalen, Max Stirner, Bataille, Thérèse d’Avila, les poètes Soufis
et les maîtres du Zen, Novalis et Rosa Luxembourg, etc.

Ecrit, publie, aime, souffre, baise, se casse la gueule. Guerre d’Algérie : prisons,
tortures. Haine de la France et de la Poésie, avec un P bourgeois et majuscule.
Coïts nombreux. Conséquences : deux enfants détestés d’abord, puis aimés
parce qu’ils le méritent.

Fait « la route » : Orient, Asie, Afrique, Amérique latine.

Rencontre Brion Gysin et la « Beat Generation » à Tanger, au Maroc. Quatre
années de soleil en Algérie « indépendante » (!).
Fait l’amour avec des femmes révolutionnaires du Brésil, du Congo, du
Vénézuéla, de l’Angola, du Golfe Persique…

Retour en Europe : « Crève de sa plume ». continue avec acharnement. Cherche « l’or du temps » (Breton). Boit et dort, rêve et perd ses illusions, ses dents.

Seule survit intacte la rage. Déserte les cocktails, les soirées mondaines pour
des « rades » fréquentés par les Loubards, les déclassés, les « paumés » d’ici
et d’ailleurs. A collaboré ou collabore (dans la fièvre) à de nombreuses
publications : journaux « sérieux » et « journaux de cul » mêlés : Combat, Le
Monde, Les Nouvelles Littéraires, Esprit, La Nef, Planète, Actuel, le Nouvel Observateur, Le Point, Contact, Politiken, Playboy, les Cahiers du Sud, Absol
u,
etc…

A publié de nombreux ouvrages confidentiels dans maintes langues de maints
pays, y compris la Principauté de Monaco.

Mauvais père, amant plutôt lamentable, ami fidèle mais exigeant.
Se flatte d’avoir connu personnellement Che Guevara, Jacques Mesrine et
Gérard de Nerval.

Se sait en « Survie ». Désespéré mais gai. Croit vraiment à l’existence du
diable. Vénère Buster Keaton, Groucho Marx et Andreas Baader.

A décider de ne pas se suicider, histoire de faire chier les « Autres ».
Rêve de mourir en héros de Bande Dessinée, dans les bras d’une moderne
Mata-Hari.

P.-S.

texte édité dans le livre Comme une blessure rapprochée du soleil, La Pensée Sauvage, 1979

© Les amis d’André Laude, texte publié dans "Cahier André Laude", numéro 1, janvier 2009.

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