La Revue des Ressources
Accueil > Masse critique > Nostalgie de l’éclair - rubrique musicale de Lionel Marchetti > Le musée de la nuit — Chant de la lumière perdue

Le musée de la nuit — Chant de la lumière perdue 

Partition de voix pour une pièce sonore

jeudi 9 avril 2020, par Nicolas Losson


.
. .
. . .
. . . . .

LE MUSÉE DE LA NUIT

. . . . .
. . .
. .
.

.
. .
. . .
. . . . .

Ouverture des portes.
Paradoxe de la nuit noire.
L’astronome éclairé.
L’œil et le ciel (entrevisions).
La nuit éclaire la nuit.

Un petit groupe de visiteurs, séjournant dans un observatoire astronomique situé au cœur d’une réserve de ciel étoilé, explorent aveuglément une histoire imaginaire de la nuit.
Guidés par les bruits réels du lieu mais désorientés par des sons émanant d’espaces inconnus et provenant d’un autre temps, ils progressent dans une obscurité émaillée de visions fugitives et éphémères pour aller au plus obscur encore…

Le Musée de la nuit est un écho très lointain au texte de Victor Hugo Le Promontoire du songe dont il s’inspire et auquel il fait quelques emprunts signifiés par les signes [ ].
Chaque signe (…) marque un temps d’écoute sans voix ou un changement d’acoustique.
Chaque saut de ligne indique un changement de voix.

.
. .
. . .
. . . . .

. . . . .
. . .
. .
.

Ouverture des portes

1.

Je ne vois rien.

Regarde.

Je ne vois… rien. Parle. Que je puisse te voir.

(…)

Noir.
Apparaissant pour disparaître, c’est ainsi qu’elle me regardait.
Lumière.
Formant ailleurs une aurore qui ne se tournait pas vers moi, qui n’inaugurait rien.
Noir.

Garde les yeux ouverts.
La nuit n’est pas une option.

(…)

Le chemin est double. Celui de gauche croise celui de droite. Chemins jusque-là inconnus. Où tout se rejoint, tout va. Où tout se perd.

(…)

Et pas le moindre murmure, le moindre souffle.
Il est étrange d’entrevoir une telle chose et de n’entendre aucun bruit.

Ouvre l’œil. Cela peut durer des siècles. «  De tout ce qui vécut pleut sans cesse la cendre.  »

(…)

(chanté) Ne m’éveille pas…de grâce…parle bas…

2.

Un cercle qui jamais ne se ferme, dont rien ne marque le terme.
Mer. Immobile à mes yeux.
Il a fallu que je frotte la vitre de ma mémoire pour vraiment apercevoir cela, dans des régions lointaines et non circonscrites.
Est-ce que tu vois la même chose que moi ?

(…)

Lumière.

Noir.

Lumière.
Lumière venue d’ailleurs.
Elucubrations.
Travail fait de nuit…

…je nomme nuit ce que je vois quand je te regarde les yeux dans les yeux.

.
. .
. . .
. . . . .

. . . . .
. . .
. .
.

Paradoxe de la nuit noire

3.

Ferme les yeux. Regarde.

( ! ) Tout est là. Tout disparaît.
Voici que mes yeux s’ouvrent alors que tout s’efface.
Autour de moi s’accroit un nombre incalculable de soleils éclatants qu’aucun regard ne peut traverser, resplendissants d’un éclat ténébreux.

(…)

Moins je vois et plus il y a.
Je n’entends rien mais tout parle.

(…)

Quatre cercles, soutenus par la voûte du ciel, éclairent le monde. Dans le noir profond où les choses s’enfoncent, là où la lumière n’entre pas.

Qu’un seul rayon traverse cette obscurité et elle devient tout entière transparence.
L’immensité s’écoute. L’invisible et le proche se confondent. Ailleurs est partout. Astres, météores, éclipses, cailloux. Tout conspire et tout respire ensemble.
Et l’homme lui-même, jusque dans ses rêves.
Je vois ce que nous avons perdu sans jamais l’avoir possédé. Une force, qui maintient et relie mais qu’on ne peut apercevoir nulle part. Un chant sans voix. Une empreinte de pas sans marcheur. Une existence qui n’est pas.

Voici donc la transparence obscure, chemins de lumière dans l’obscurité, diaphane en puissance. Un monde étonnamment clair et si sombre en même temps. La nuit engendre ses propres lumières. ( ! ) Je pourrais lire l’avenir dans les entrailles d’un chien ou le vol des oiseaux.

Tout ce que donne à l’œil dans la nuit profonde la plénitude du noir… C’est de la noirceur que surgit la lumière. Je vois plus clairement qu’en plein jour.

(…)

J’entends une étoile morte il y a très longtemps, très loin, mais dont le signal nous parvient encore. Entends-tu le silence de ces milliards de bruits ?

Est-ce qu’on peut entendre l’obscurité ?

4.

Première nuit.
Impossible de détacher mes yeux de ce monde spectre.
Pas l’ombre d’un homme.
Suis-je aveugle ? Sommes-nous aveuglés ?
Pourquoi le ciel est-il noir ?
Mes yeux ne voient plus.

(…)

[Si rien avait une forme, ce serait cela. 

Cela n’est peut-être pas…]

(…)

( ! ) L’étoile du soir et l’étoile du matin sont une seule et même étoile.
La tombée du jour a pour synonyme la tombée de la nuit..
Le chemin est double.

Naissance, faite d’illumination et d’obscurité.

(…)

J’entends les chiens…( ! ) J’ai des yeux. Que de choses à voir quand les yeux se ferment.

Tu voyages en arrière.
Tu es entré dans le rêve.
La mémoire est une lampe qui diffuse de la nuit...

(…)

Interpolations, approximations. Un voile d’obscurité nous sépare de l’origine.
L’instant zéro s’évanouit… ou se déplace.
Raconter l’origine d’une chose, c’est raconter la fin.
Origine et fin sont sur la circonférence d’un cercle.
Le début est perdu et la fin est l’endroit d’où nous partons.

Le chemin est double. Celui de gauche croise celui de droite. 
Ciel du dedans, ciel du dehors, il n’y a plus de différence entre les yeux fermés et les yeux ouverts.
Regarde encore et il n’y aura plus de nuit.

5.

Je devine ta peur au seuil de la grotte et le désir de voir si elle n’enferme pas quelque merveille.
Un bestiaire fantastique, peint à l’abri de tous les regards, des pierres dans le ciel.
Une flamme noire éclaire cette voûte démesurée, aux parois tourmentées, dessine au hasard de l’éclairage un spectacle minéral.
Fantômes et revenants, loup-garou, vampires, concrétions et stalactites, draperies scintillantes.
Le regard accoutumé à la pénombre, d’innombrables ossements et crânes d’animaux surgissent, figés dans le temps.

.
. .
. . .
. . . . .

. . . . .
. . .
. .
.

L’astronome éclairé

6.

[Et puis par aventure on rencontre un télescope.
Les lignes du monde se courbent dans l’épaisseur contraignante d’une lentille.
Et cette lune, on la voit, et cette figure de l’inattendu surgit devant vous, et vous vous trouvez face à face dans l’ombre avec cette mappemonde de l’ignoré. 
Et les hommes stupéfaits s’aperçoivent qu’ils ont au-dessus de leur tête un monde inconnu.]

(…)

Je vois l’intérieur d’une chambre, balayée de gauche à droite, par une lumière ambrée, douce et tamisée. Elle enveloppe d’abord un globe céleste, puis l’étoffe posée sur la table, puis le livre. Suivant son cours naturel, elle éclaire le visage d’un homme… De sa main droite, il fait tourner le globe, caresse les corps de la région supérieure.

( ! ) L’Astronome de Vermeer.
Un rêve d’infini l’anime. Une lumière venue de loin.

Il se tient à l’écart de la clarté, comme un insecte acharné. Sa respiration… est celle d’un homme endormi. Il ouvre les yeux.

Le nocturne est en lui, enfermé dans sa profondeur obscure.
Tourné vers un soleil inconnu, il fait un pas hors de la limite, regarde le monde avec les yeux de la nuit.
Une suite de mondes tourbillonne derrière lui, comme les flots d’un torrent.

(…)

Cratères d’impacts, tempêtes magnétiques, galaxies cannibales, effondrements gravitationnels, explosions de soleils… Plus le télescope est perfectionné, plus il y a d’étoiles.

( ! ) Tout est calme.

7.

Nous ne savons rien du savoir astronomique de Sumer, quelques noms d’étoiles, de constellations, les tablettes de Nippur…
Calebasses percées d’orifices de visée, canots de pierre tournés vers le large, soigneusement orientés, comme des simulateurs de vol, où s’entrainent les apprentis pilotes à mémoriser les repères stellaires et leur déplacement dans le ciel.
L’almageste de Ptolémée, l’observatoire de Samarkand, le catalogue d’Hipparque.
D’autres traités d’étoiles fixes, aux détails flous et ensommeillés, aggravent l’énigme.

8.

Pouvoir de l’ombre.
Appel de l’absence.
L’œil de l’astronome, attiré par l’immense motif, n’est captif de rien. Chargé de visions, inattentif au monde tel qu’il est, il se consume dans le gouffre lumineux de la nuit, elle-même enfouie dans l’alidade mobile et la limbe gravée d’un astrolabe.

« Tout au long de leurs générations, les hommes ont érigé la nuit. C’était d’abord cécité et sommeil…  »

Le codex des Mayas, la grande étoile rouge,
la « mère » du preneur d’étoiles, le premier disque mobile où sont gravés le nord céleste et les cercles de l’Équateur.

L’ombre de Mercure devant le soleil,
l’éphéméride des satellites de Jupiter,
les reliefs de la lune et le grand nuage de Magellan.

La vitesse de la fuite, les émissions de chaleur qui s’évaporent et disparaissent,
la magnitude limite, les secondes d’arc,
les nomenclatures d’étoiles, les atlas célestes,

Le soleil, au milieu de nulle part,
une étoile quelconque dans un bras de la voie lactée,
perdue dans une galaxie parmi d’autres.

Les occultations d’étoiles qui ne se terminent pas à l’heure dite,
la théorie de l’Anti-Terre et le monde infini de Giordano Bruno,
la dernière sphère des étoiles fixes, le disque de Nebra.

Les espaces mouvants du ciel et de la terre, façonnés par le rêve,
La nuit verte aux neiges éblouies de Rimbaud, le silence éternel des espaces infinis de Pascal,
Le passage d’une comète anachronique dans l’Adoration des Mages de Giotto.

Hipparque de Samos, Anaximandre, Kepler, Abd al-Rahman al-Sûfi, Tycho Brahe…
Galilée, assigné à résidence, écrivant à la lueur des yeux de son chat, dans la solitude d’un paysage inculte, l’intensité de la vibration, avant la fissure de l’aube.

Nuits après nuits…

(…)

Joie de l’égarement.

.
. .
. . .
. . . . .

. . . . .
. . .
. .
.

L’œil et le ciel (entrevisions)

9.

Au milieu de cette image si peu claire du monde se pressent des entrevisions de plein jour. Dates, événements, circonstances. Saccades, inachèvement, lenteurs. Quelque chose d’insensé résulte de ce voisinage de visions mortes.

Garde les yeux fermés. Tu n’as encore rien vu.

(…)

Je vois un rideau qui s’ouvre sur une scène de théâtre, elle-même plongée dans l’obscurité, pareille à une porte ouverte sur une nuit encore plus profonde.

Je vois l’ombre portée de quelques figurines de métal découpées au ciseau comme de petits pantins animés par le souffle de la nuit, et se livrant à une sorte de danse macabre, à la fois joyeuse et inquiétante, des formes diversement colorées, encore ruisselantes d’ombre.
Au bord de l’obscurité, un défilé d’objets fabriqués, des statues, portées par des hommes qui ressemblent à des marionnettes.

Je vois des forêts, des arbres millénaires, les bruits de l’aube, avalés par le jour, un foisonnement de pourpre et de feu entre la terre et le ciel.

(…)

Je vois un étrange éclair aux reflets bleus émanant du réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

(…)

Je vois du bleu.
Ne rien y voir, c’est n’y voir que du bleu.

(…)

Je vois un petit village de Flandre nommé Noirceur sur la Lys.
Je vois des trains…
Je vois Démocrite d’Abdère, à la fin de sa vie, s’arrachant les yeux, un soir.

Je vois un clair de lune sur la mer, une fête dans une ville déserte.

(…)

Je vois un homme endormi. Près de lui se tient un serviteur. Il nous regarde.
A contre-jour, éveillées mais ignorantes de la scène, deux sentinelles se tiennent debout, dans la pénombre. Elles montent la garde... Éveillées, on dirait qu’elles dorment.

( ! ) Le Songe de Constantin de Piero della Francesca...
Le sommeil est un regard. Une vision... sans yeux. Et le tableau un corps endormi.

Je vois le paysage nocturne de la maison de Boscotrecase, sur les pentes du Vésuve : de fines colonnes, une corniche et une mince frise dorée se détachant sur un fond entièrement noir au centre duquel se trouve un sanctuaire mystérieusement éclairé, minuscule et comme perdu dans l’obscurité démesurée de cette grande surface noire.

Je vois un char traîné par des buffles à la tombée de la nuit, drapé de noir et semé de croix blanches, d’où sortent des personnages couverts d’un tissu sombre sur lequel sont peints les os des bras, du torse et des jambes, et escorté de masques à tête de mort.

Je vois une chute d’eau enfouie dans la nuit de chaque être.

(…)

Je vois les cendres d’un brasier, des bois de rennes sculptés…
Je vois Rome, ravagée par les flammes.
Le grand incendie, aspirant l’oxygène avec une telle puissance que l’air prend la force d’un ouragan et bruisse comme de gigantesques orgues dont on aurait simultanément actionné tous les registres, où les flammes se répandent dans les rues comme un raz-de-marée.
Une lueur intense, d’une clarté surnaturelle, illumine pendant des heures l’air caniculaire d’une nuit de juillet, tandis que le reflet de la lune resplendit sur les façades des maisons…
…Tentais de sauver ce qui pouvait l’être…
Insignifiant au vu de tout ce qui fut détruit.
…Pensais à autre chose…
La catastrophe est ce par quoi un horizon nocturne est embrasé.

( ! ) « De grandes forêts brûlent dans d’autres mondes. »

10.

Flash dans la nuit noire.
Clarté soudaine qui double les ténèbres mais ne les déchire pas. Abîme aveuglant. Attaque par surprise.
Une lumière écrasante, d’une intensité plusieurs fois supérieure à celle du soleil de midi, illumine le paysage, ferme les yeux d’éblouissement. Une lumière trop forte pour être reçue directement par l’œil humain.

(…)

Comment est la nuit ?

Claire, la nuit est claire…

.
. .
. . .
. . . . .

. . . . .
. . .
. .
.

&

La nuit éclaire la nuit

11.

Clairs obscurs, manières noires, contre-nuits,
arrivée de mots inconnus, de phrases illuminantes et étranges,
images sorties de l’ombre, que l’ombre a fait naître…
La nuit s’éclaire au centre.

[Les fictions sont des couvertures de faits. L’allégorie extravague, attentivement écoutée par la logique.
Histoire, géométrie, mathématique, nautique, astronomie, physique, morale, tout est dans ce réservoir, et toute cette science est visible à travers l’eau trouble des fables. ]

(…)

Le cinéma, l’art de ne rien montrer dans une salle obscure.
La musique, l’art de la nuit et de la pénombre.

(…)

Tout rituel comporte le franchissement d’un couloir obscur.
On a vu un jour à San Francisco Thelonious Monk passer une soirée entière à enfoncer les touches du piano très doucement, sans qu’aucun son ne sorte...
Tout ce qui compte se passe dans l’invisible, dans ce que la nuit donne à voir.

Connaissances
passées à la gomme de l’oubli.
Domaine de l’imagination
où paraissent se rejoindre l’obscurité première et un éblouissement final.

(…)

( ! ) Il n’y a qu’un seul monde, unifié par une couleur unique…

12.

Tout vient du sombre.
Tous les astres se lèvent dans le ciel, y transitent et se couchent.
Toutes ces vaines ombres humaines, eux, vous et moi, nous tous, tout cela chemine,
chaque fantôme,
voué à l’aveuglement et à la nuit, porte son ombre en équilibre,
retournant dans l’inconnu,
d’où nous venons et qui nous éclaire.
On ne sait rien de la véritable histoire des hommes aventuriers de leur idée.
Dans l’horizon des événements, d’un infini à l’autre, tout finit par se confondre.
Rien de la Terre, rien des hommes, aucun nom, gravé sur aucune pierre.
Nuit cachée dans la nuit.

( ! ) Disparus.

Tous pris à témoin,
ignorants que nos jours s’écoulent comme l’ombre sur la terre.
Ce qui existe absolument n’existe absolument pas.
L’éternité… est passagère. On dort pour l’oublier.
C’est par la nuit que nous sommes.
« Vers le bas je me tourne, vers la sainte, l’ineffable, la mystérieuse nuit…  »

13.

Nuit,
l’autre côté de ma présence.
Noir et vide,
inséparablement unis.
Sur les falaises de Bandiagara, dissimulés derrières de grands masques, des yeux entraînés à la nuit depuis mille ans ont découvert le mouvement d’une étoile invisible à l’œil nu.

Prisonniers du jour, tous les animaux cherchent un asile sous un ciel lointain.

Le monde aurait besoin d’un autre monde où il puisse se réfugier.

(…)

Sur le grand hôtel de Pergame ce soir-là, une petite foule d’adorateurs vêtus de blanc, une torche à la main, s’est rassemblée pour chanter autour des initiés aux yeux bandés. L’air est tiède. Dans le ciel de hauts nuages blancs se déchirent lentement. Une brise légère vient de la mer. On brûle du romarin.

14.

Je m’endors, je m’éloigne.
Un cycle s’achève, me fait ouvrir les yeux pour percevoir le grand cercle où je suis.
Les images s’effritent, comme des fresques étrusques recevant l’air et les regards.
Sommeil…Soleil…

Sous la paupière la main cherche la main.
Les yeux, monarques rayonnants du cosmos, cherchent les yeux.
La vie est aveugle. On le verra quand tout sera fini.

(…)

Obscurcir l’obscurité, voilà la porte de toute merveille.

(…)

(chanté) To sleep…perhaps to dream…

15.

Combien de temps ai-je dormi ?
…On croit n’avoir fait qu’un léger somme, et on a dormi tout le jour.

J’ai voulu te parler et plus rien, ma voix s’est perdue dans le silence de la chambre.

(…)

Point imprécis. Pure émergence. Extérieur noir. Une forêt encore, immense et inexplorée. Silence.
Comment être sûr que nous ne sommes pas en train de rêver ?
Le brillant sommeil où tu étais n’est déjà plus qu’une masse obscure, illuminée de l’intérieur.
Imagination, vrai rêve, qui donne naissance à une nouvelle étoile dans un nouveau ciel.
Musique de l’ombre. Chant obscur de la lumière perdue.

Je sens ta voix ralentir, se troubler…
Parle-moi encore, fille aux yeux noirs, que je puisse enfin te voir…

(…)

.
. .
. . .
. . . . .

. . . . .
. . .
. .
.

© Nicolas Losson - 2020

© la revue des ressources : Sauf mention particulière | SPIP | Contact | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | La Revue des Ressources sur facebook & twitter