Aller au contenu
La Revue des Ressources

Accueil > Dossiers

Marguerite Duras

Dernier ajout : 5 octobre 2016

"Dans les histoires de mes livres qui se rapportent à mon enfance, je ne sais plus tout à coup ce que j’ai évité de dire, ce que j’ai dit, je crois avoir dit l’amour que l’on portait à notre mère mais je ne sais pas si j’ai dit la haine qu’on lui portait aussi et l’amour qu’on se portait les uns les autres, et la haine aussi, terrible, dans cette histoire commune de ruine et de mort qui était celle de cette famille dans tous les cas (...). Elle est le lieu au seuil de quoi le silence commence. Ce qui s’y passe c’est justement le silence, ce lent travail pour toute ma vie. Je suis encore là, devant ces enfants possédés, à la même distance du mystère. Je n’ai jamais écrit, croyant le faire, je n’ai jamais aimé, croyant aimer, je n’ai jamais rien fait qu’attendre devant la porte fermée."

  • « L’espace intime de l’écriture chez Marguerite Duras : les voix dans Le Ravissement de Lol V. Stein, entre le proche et le lointain »

    , par Olivia-Jeanne Cohen, dans Marguerite Duras

    « L’espace intime de l’écriture chez Marguerite Duras : les voix dans Le Ravissement de Lol V. Stein, entre le proche et le lointain »
    Roman à la fois d’une déperdition et d’une écriture complexe, Le Ravissement de Lol V. Stein dit l’insolence d’une écriture incendiaire et l’intensité d’une énonciation complexe, qui participe non seulement d’un espace intérieur, original, celui du cœur de (…)

  • Duras, toujours

    , par Elisabeth Poulet, dans Marguerite Duras

    « Duras survit sans difficulté. Elle n’a guère connu de purgatoire – puisque c’est ainsi qu’on désigne la période d’inattention, parfois même d’oubli complet qui suit la mort des écrivains et précède, dans le meilleur des cas, leur transformation en classiques. » C’est ainsi que Dominique Noguez débute son essai sur Marguerite Duras, expliquant que cette survie extraordinaire a été pour lui (…)

  • Marguerite Duras n’existe pas

    , par Elisabeth Poulet, dans Marguerite Duras

    Marguerite Duras n’existe pas. N’en déplaise à ceux qui lui reprochaient un ego démesuré, Marguerite Duras n’était pas dans le réel, seuls ses personnages sont vrais :
    « L’histoire de ma vie, de votre vie, elle n’existe pas, ou bien alors il s’agit de lexicologie. Le roman de ma vie, de nos vies, oui, mais pas l’histoire. C’est dans la reprise des temps par l’imaginaire que le souffle est (…)

  • Le pays de Duras

    , par Alain Vircondelet, dans Marguerite Duras

    Du pays de Duras, nul ne sait l’histoire. Celle du château qui surplombe la vallée et de son passé prestigieux.
    La mère ne s’intéresse pas à ces choses-là, à l’art, aux architectures, à l’archéologie. Fruste, elle garde en elle la dureté aride des terres du Nord, balayées par les vents, qui exigent du labeur.
    Elle a d’ailleurs toujours « trimardé », ne s’accordant que très peu de répit, (…)

  • Nathalie Granger ou le drame de la parole - essai d’ethnographie subjective

    , par Alice Delmotte-Halter, dans Marguerite Duras

    Pourquoi le cinéma
    On est dimanche à la fin d’août. Il pleut c’est le vent d’ouest c’est lui qui amène la pluie. Traverser les halles : courir. Les gens s’abritent. Terrasses délaissées. Fin de l’été. Il est quinze heures. Alors on va au cinéma. Déjà les halles c’est les entrailles de Paris. Encore et toujours aujourd’hui en 2010. C’est le cœur de la France. L’envers de place de l’Étoile. (…)

  • Marguerite Duras, voyante et visionnaire

    , par Elisabeth Poulet, dans Marguerite Duras

    « La scène du film que je préfère est celle-là. La petite fille est punie, toujours sans qu’on le veuille d’ailleurs, sans que personne l’ait voulu, puisqu’elle est tout à fait solitaire. Inapprivoisable. Mais là, elle ne peut pas s’empêcher d’aller voir ce qui va se passer sur l’étang. Elle a vu Jeanne et la petite fille, la grande sœur, passer avec des rames. La voilà, c’est Nathalie toute (…)

  • L’Amant, approche ethnocritique

    , par Alice Delmotte-Halter, dans Marguerite Duras

    PENSER LE CONTEMPORAIN Si la littérature reste l’une des formes d’expression de la pensée, si l’écriture comme la lecture obéissent à des pratiques ritualisées de la part des acteurs qui se prêtent au jeu, elle a donc à voir avec l’ethnologie. Seulement, dans sa variante textualiste, l’ethnocritique veut se fonder elle sur ce qui est dit au cœur même du récit. Non pas sur les pratiques que (…)

  • LireTraduireEcrire : Duras en langues "différant"

    , par Alice Delmotte-Halter, dans Marguerite Duras

    Abandonner la « crécelle théorique » : Duras n’a jamais caché ni son rejet ni son mépris du trop de raison. De ce qu’elle fait, elle hésite à parler. Meilleur moyen pour elle d’étouffer l’invention. Et lorsqu’elle publie Écrire, c’est de la maison de Neauphle dont il est question, maison-grotte, maison-femme, maison-recueil tout entière portant plume. Refus de formaliser donc, de (…)

  • D’(im)postures journalistiques en contrepoints littéraires : Duras/Baudelaire

    , par Alice Delmotte-Halter, dans Marguerite Duras

    En haine de la presse ordinaire
    « Les journaux à grand format me rendent la vie insupportable ! » C’est par ces mots que Baudelaire aurait lancé ses adieux – provisoires – à son ami Louis Ménard avant de tenter de se donner la mort le 30 juin 1845. Et l’autre d’ajouter : c’était une de ses plaintes favorites. Plates, « arides », « désertiques », les gazettes sont à fuir absolument. Il faut (…)