- 4 septembre 2006, par D. James Eldon
Conduisant à travers la ville par une nuit glaciale de février, vous vous arrêtez à un feu rouge, juste avant d’entrer dans la Central Park Drive. Au coin de 59ème rue, il y a une femme qui attend dans un grand manteau de fourrure. Elle paraît jeune, une vingtaine d’années environ. Vous remarquez combien ses cheveux sont longs et soyeux quand elle traverse la lumière de la rue.
Vous (…)
- 29 juin 2006, par Alexandra Bougé
LE MEURTRE
Un voile violet tombait jusqu’aux chevilles, elle s’y accrochait en marchant.
- Eh, regarde cui-là, il lit des poèmes.
Éternuant à plusieurs reprises comme pris soudain de froid, il mit son mouchoir sur son visage et se moucha violemment, d’un coup sec de ramasite d’eau de pluie, care s-au adunat en flaques sur le pas de la porte. Le tissu violet s’est déchiré en (…)
- 25 mai 2006, par Rodolphe Christin
Matthieu ne peut pas passer inaperçu. De très loin on sait que c’est lui, ce ne peut être que lui. Quarante-cinq ans, français comme lui. Le crâne rasé avec seulement une touffe de cheveux verts, survivants d’une catastrophe froidement programmée. Un bouc de la même couleur couvre son menton, rond comme un galet. Les ongles peints en noir, des bagues à tous les doigts et l’une d’entre elles, (…)
- 18 mai 2006, par Alexandra Bougé
LE DETOURNEMENT
Les moyens de trecere qu’on lui traça, repère par repère, établis par un organe puissant, avait révélé la mise au monde d’une créature monstrueuse, atrophiée, inutile, branchée à des fils enchevêtrés dans le dessein d’induire en erreur n’importe quel mécanicien quant à l’authenticité de son fonctionnement. Vaguant dans un espace inconnu, imaginaire, celui de l’organe qui (…)
- 17 avril 2006, par D. James Eldon
Le téléphone sonne, et vous répondez. Lorsque vous entendez sa voix dans votre oreille, c’est comme si votre montre s’arrêtait, et vous souhaitez secrètement avoir laissé le répondeur s’occuper de cet appel.
- Bonjour.
Elle a encore ce léger accent du Sud, qui vous a toujours semblé quelque peu incongru dans une ville comme New York.
- Bonjour, répondez-vous à votre tour, avec une (…)
- 13 avril 2006, par www
Pour Médéric Cartier
A sa souffrance
A la pureté de sa haine
“In the place where Kate is they put electrodes on her head and needles in her spine and try to figure what went wrong.”
Joan Didion, Play it as it lays.
I
Août 2005
De l’indulgence, de l’indifférence
Durant tout le procès, la juge a gardé cet air de bonté, de profonde compassion. « Je comprends votre douleur, (…)
- 3 avril 2006, par Alexandra Bougé
ses cheveux sont bleus, les yeux rouges, il manque une dent, un corps emmailloté, ils (les cheveux) pendent sur les épaules, sa tête est recouverte, ceinte d’une auréole, son teint est noir, l’expression des yeux, du visage est inexistante ; une fille fade se ramène vers lui,
Un oeil poché, une femme se dirige vers lui et lui nettoie le visage, il se détourne (sa tête).
un homme a sorti (…)
- 2 mars 2006, par Elisabeth Poulet
Accroupie dans une immobilité douloureuse, Daphné attend que la porte se referme. Elle suit le faisceau d’une lampe, promène avec lui son regard sur les étagères, entend les pots de confiture qui s’entrechoquent, et, enfin, les gonds de la porte qui grincent. Un bruit sec, puis c’est la clé qui cherche la serrure, la trouve, et finit par verrouiller la cave. Elle n’ose pas encore respirer (…)
- 19 janvier 2006, par Elisabeth Poulet
Il m’a dit de l’appeler Igor, pour ne pas attirer l’attention. Blond aux yeux clairs, il pouvait avoir l’air d’un Russe. Il m’a fait monter dans une Volga noire, toute neuve, et il m’a conduite dans un village de la banlieue de Moscou. Nous sommes arrivés dans une petite maison délabrée. Un couloir étroit, une cuisine, les toilettes dans la cour. Dans le couloir, à gauche, il y avait la (…)
- 12 décembre 2005, par Sébastien Doubinsky
“Télémaque parlait. Mais Pallas Athéna, égarant leur raison, les fit tous éclater d’un rire inextinguible. Leurs mâchoires riaient sans qu’ils sussent pourquoi ; les viandes qu’ils mangeaient se mettaient à saigner ; ils voulaient sangloter, les yeux emplis de larmes.”
Homère, Odyssée, XX.
JOUR.
J’étais perdu dans un long couloir, sans lumière, avec pour seul contact mes doigts (…)