Li Jinjia est né en 1973 à Harbin dans la province du Heilongjiang. De 1992 à 1996, il a effectué ses études de la langue française dans le département de langue et littérature françaises de l’Université des langues étrangères de Pékin. Bénéficiaire d’une bourse du gouvernement français, il a poursuivi en France ses études de 2e et 3e cycles. Il a obtenu en 2005 son titre de docteur avec une thèse sur le conte fantastique chinois, soutenue à l’Université de Paris III. Actuellement, il enseigne la langue chinoise à l’Université Marc Bloch à Strasbourg. Il a publié des poèmes et des nouvelles en Chine comme en France. Son poème, Une guerre, a reçu le deuxième prix du Concours des Jeunes Poètes de la province du Heilongjiang en 2001. Il a commencé à écrire en français en 1998 et il était lauréat du Jeune Ecrivain francophone 1999 et du Grand prix du concours de nouvelles du CNOUS en 1999. Comme traducteur, il collabore avec la revue Po&sie et participe au programme d’Alibi (Atelier de la Littérature Bipolaire France-Chine, organisé sous le patronage de l’EHESS et de la Maison des Sciences de l’Homme).
Articles de l'auteur (5)
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Lettre à une inconnue rencontrée dans le train
Dans les replis de toutes les crises prolifèrent les maux les plus vils. De telles situations génèrent une sorte d’anesthésie dont l’éthique est souvent la première victime. Depuis une décennie que la revendication d’une xénophobie décomplexée s’affirme, on observe parallèlement sa banalisation. (…)
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Ruban de métal
à Michel Deguy
K pénétra dans la petite chambre qui se trouvait au cœur du château. Le châtelain, petit vieillard portant des chaussons bariolés, se leva avec empressement de son fauteuil Napoléon III et, tout en souriant, hocha la tête en signe de bienvenue. Sur son bureau large et noirci par (…) -
Le vide
à Claude Lefort
Le vide est un arbuste bas qui croît sur les terres rouges du Plateau. Ses feuilles petites et rondes sont d’une certaine dureté et s’enrobent d’un duvet fin comme le givre d’un automne tardif. Même en été, elles donnent un sentiment de froid prolongé. Sur sa tige brune (…) -
Sept fragments et un conte à partir de quelques photographies de Jean-Michel Delage
1.
Tandis que le code routier sur toutes les rues du monde
poursuit les sirènes nues, êtres effrontés aux seins luisants,
sereinement fait sa sieste une Volkswagen de sixième main,
ronflant légèrement, dans l’ombre fraîche du café Fishaoui.
La bâche bleue berce son rêve comme la mer (…) -
Le Centre du Post-pré
Je tourne, je tourne, je tourne... Emporté par une folle valse, mon corps tourne sur l’axe de sa propre bissectrice ; le mouvement vertigineux s’accélère et ne me laisse aucun répit. L’air siffle, s’échauffe, prend feu. Transformé en un tourbillon incandescent, il me suit dans ma rotation ; il (…)