"C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat-ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne ainsi l’envie de tout planter là. Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu’on y croise, aux idées qui vous y attendent... Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c’est qu’on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon.
Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait."
Nicolas Bouvier
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Vauban et Athéna, ou la naissance des Droits de l’Homme
Esplanadiens d’Ankara à Londres et d’Oslo à Palerme, fermez vos volets les soirs de pleine lune : la génération ne peut se faire qu’à l’abri des regards indiscrets. Baissez paupières et volets, oblitérez tout canal visuel imposé par les libertophobes, vous risqueriez, en l’épiant, de ne pas voir passer l’Amour. L’histoire que je vais vous conter est vraie. C’est en la personne de la petite (…)
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Pleurs d’amandiers (1903)
A Maxime Noiré, le peintre des horizons en feu et des amandiers en pleurs.
Bou-Saada, la reine fauve vêtue de ses jardins obscurs et gardée par ses collines violettes, dort, voluptueuse, au bord escarpé de l’oued où l’eau bruisse sur les cailloux blancs et roses. Penchés comme en une nonchalance de rêve sur les petits murs terreux, les amandiers pleurent leurs larmes blanches sous la caresse (…) -
Ils dansent pour ne pas mourir
Depuis la découverte du « Nouveau » Monde, rares sont les Amérindiens qui sont parvenus à survivre sans renoncer à leur identité. Réfugiés au Nord-Ouest du Mexique dans les régions les plus inaccessibles de la Sierra Madre, refusant l’assimilation devant la pression des Métis et des Blancs, les Tarahumaras sont demeurés un peuple fier, intact et libre. Mais des famines successives et des (…)
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Et Lyon est sise là
Lyon — dans le nom duquel se lit la confluence d’une rivière et d’un fleuve. Saône alanguie dans ses vals et qui souvent se déborde, mais contrainte à se presser, à s’étrangler avant d’entrer en ville par des môles granitiques. Moins à son aise qu’à Mâcon où elle s’étale et se fait respecter par ses écarts périodiques, elle n’est ici qu’une passante de ses quais, rendue turbide par les (…)
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La grande route du sud
J’ai commencé mes voyages, mes rondes, mes tours, en Macédoine par l’Ouest, parce que Tetovo est toute proche, parce que c’est l’Autre ville où on ne peut manquer d’aller quand on est étranger et qu’on tient à voir les deux aspects de la Macédoine, ces deux visages, slave et albanais, parce que là résidait aussi un de mes collègues de travail, David devenu par la suite peu à peu tétovien, ce (…)
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Dans les monts du Khangaï
Le craquement du bois sec
sur le genou plié
des chevaux soufflent il fait nuit
autour du feu des hommes
des brèches de lumière
s’étendent sur les visages
tendus comme des bruits
Du nomadisme nos sociétés ont retenu le déracinement de l’émigration internationale et la mise à disposition du salarié à l’employeur, l’une et l’autre de ces formes se confondant souvent. Chercher (…) -
Voyages vers le Nord
En 1936, tandis que la Seconde Guerre mondiale menace, l’écrivain tchèque Karel Capek (1890-1938) entreprend un voyage dans le Nord de l’Europe. Forêts à perte de vue, fjords échancrés, vaches noires et blanches, fermes rouges, myriade d’îles ponctuent sa traversée du Danemark, de la Suède et de la Norvège. Au fil du récit, derrière une naïveté feinte et un lyrisme tempéré, où affleurent une (…)
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La fête du dieu de la guerre
"Haro Hara ! Haro Hara ! Seigneur, prends tout !" Le cri déferle, tel un furieux alléluia, porté par des milliers de voix. Prêtres graves drapés de blanc, roulements sans fin des tambours qui grondent dans la nuit de la forêt, danseurs bondissant à la lueur brûlante des torches, tordus sous le fouet d’une transe frénétique : le modeste village de Kataragama, au Sud-Est du Sri Lanka, accueille (…)
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Trimballe en Ethiopie
30/11/06 – Nous partons pour Awash. Avant le départ du bus, deux étudiants enthousiastes nous bombardent de questions et nous sommes crevés, il est 5 heures du mat’. Ils veulent littéralement tout savoir de notre vie en France, et aussi connaître les raisons de notre voyage. « Why do you visit Ethiopia ? Why do you visit Yemen ? What do you eat for breakfast in your country ? How many words in (…)
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Trimballe au Maroc
01/10/00 : Balade dans la ville nouvelle de Fès. Plus de cyber clubs que de cafés. Comme en France, les joueurs de foot sont les nouveaux messies. Slogan d’une école d’informatique : « Le monde s’ouvre aux esprits ouverts ». En dessous, le dessin d’une poignée de main entre un homme et un robot. Welcome, my son, welcome to the machine.
Je me reproche de ne pas être à la hauteur de ce voyage. (…)
Carnets de Côte d’ivoire
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De retour de Côte d’ivoire
Après ces quelques semaines en Afrique et l’écriture de ce carnet de bord, je commence l’écriture des films que j’aimerais y faire.... Presque deux ou trois projets....
J’aimerais rencontrer des (…) -
Dernier jour en Côte d’ivoire
Nous voici à l’aéroport. Il est une heure du matin. Les passagers pour Casablanca embarquent. Dans une heure nous nous envolons. L’atmosphère est très calme. On vient de saluer les parents et les (…)
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Abidjan - l’art des mots
La fin du voyage approche alors que nous commençons seulement à nous habituer et à aimer nos levers à 6 heures du matin.
Nous avons parcouru la ville. J’aurais bien voulu aller au zoo d’Abidjan (…)
Les carnets de Tieri Briet
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Albania, Albania ! (V. Epilogue)
Ne pleure pas sur la Grèce, — quand on croit qu’elle va fléchir, le couteau contre l’os et la corde au cou,
La voici de nouveau qui s’élance, impétueuse et sauvage, pour harponner la bête avec (…) -
Albania, Albania ! (IV. de Mostar à Paris)
Ne pleure pas sur la Grèce, — quand on croit qu’elle va fléchir, le couteau contre l’os et la corde au cou,
La voici de nouveau qui s’élance, impétueuse et sauvage, pour harponner la bête avec (…) -
Albania, Albania ! (III. de Dubrovnik à Sarajevo)
Ne pleure pas sur la Grèce, — quand on croit qu’elle va fléchir, le couteau contre l’os et la corde au cou,
La voici de nouveau qui s’élance, impétueuse et sauvage, pour harponner la bête avec (…)