"C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat-ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne ainsi l’envie de tout planter là. Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu’on y croise, aux idées qui vous y attendent... Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c’est qu’on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon.
Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait."
Nicolas Bouvier
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Thé vert, etc
À M.A.
Un des intérêts de la vie quotidienne est de rendre possibles des expériences paradoxales qui, du coup, atteignent immédiatement une dimension extrême. Comme par exemple en venir à se perdre sur un trajet que l’on connaît par cœur.
Parce que s’égarer en terrain inconnu, c’est angoissant et excitant, mais cela s’explique ; et puis ça n’arrive vraiment qu’une fois, le terrain devenant (…) -
La petite musique de Saint-Louis
En cette terre de légende il faudrait arriver comme en rêve, tel un oiseau depuis la mer, et mesurer l’espace... Hélas l’avion lui-même ne daigne plus qu’une fois par semaine s’arrêter en ce lieu jadis prestigieuse capitale et première ville française d’Afrique noire. Ici, tout au Nord du Sénégal, l’aéroport ne doit pas avoir beaucoup changé depuis que l’équipage Mermoz - Négrin y posa, sous (…)
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Lettres des mers du Sud
"Je reviens à vous Madame..." - écrirait l’un des personnage des Liaisons dangereuses, après avoir tant tardé à te répondre mais vois-tu, la chaleur de cet été tropical est, cette année, accablante.
Néanmoins, au retour de quelques mois d’absence, j’ai retrouvé l’île avec bonheur, exactement comme si je ne l’avais jamais quittée. J’ai retrouvé la mer, son écho, partout niché comme un (…) -
Lettre de Budapest
Hongrie, ongre, congre, pays incongru comme sa langue et pourtant si proche. A Budapest, je cherche les Barbares, les Celtes, les Romains, les Huns, les Tartares, les Turcs, et je ne trouve que des semblables, des gens du métro, des comme nous, faciès, taille, pour un peu on se croirait à Dijon, sauf cette fameuse langue agglutinante, finno-ougrienne, le mot déjà vaut son pesant de fortins, (…)
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Au nord du quadrilatère tchèque
Septembre 2008. Rozvadov est le nom par lequel j’entre en République tchèque, tant il est vrai que l’on rentre dans un pays par un nom qui dit la frontière, le passage, un nom qui est et reste souvent pure mélodie. Auparavant le car s’est arrêté à Nuremberg, ville belle mais dure, patinée, d’une propreté qui m’inspire un respect mêlé de crainte. La Bavière est une pelouse vallonnée, le soleil (…)
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Voyage en Italie : De Carlsbad au Brenner (1861)
Ratisbonne, 4 septembre 1786.
Je me suis dérobé de Carlsbad à trois heures du matin : autrement on ne m’aurait pas laissé partir. La société qui avait bien voulu célébrer, le 28 août, mon jour de naissance de la manière la plus amicale, s’était bien acquis par là le droit de me retenir, mais je ne pouvais différer plus longtemps. Muni d’une simple valise et d’un portemanteau, je me suis jeté (…) -
La Valachie en 1839
À partir de Belgrade, commence sur la côte servienne une chaîne de belles collines dont les flancs sont couverts de troupeaux, et dont les bases, arrosées par le fleuve, doivent être d’une admirable fertilité ; mais c’est à peine si l’on y distingue quelques sillons. Un magnat hongrois, qui a plusieurs fois visité la principauté de Milosch Obrénowitch, m’assurait que l’agriculture y est encore (…)
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Les yeux de Doel
On va à Doel parce qu’on a vu des photos de Doel, des images variant au gré du regard des artistes qui photographient tant qu’il est temps. On a vu du fer, des briques, du vide, des ombres humaines, la silhouette lunaire à la fois stable et oppressante de la centrale nucléaire homonyme. Et on s’est dit que quelque malédiction était à l’origine de cet art. Que le mauvais œil pouvait donner, par (…)
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Vers Zittau, Bautzen, et le pays des Sorabes
Zittau-Jitava est la ville allemande la plus proche. A Prague déjà, dans le tourbillon de la gare, j’avais tout à coup décidé d’aller plus loin que Liberec. Je réalise donc mon vœu en achetant un billet pour cette ville dont la principale caractéristique est d’être sise sur le territoire du Dreiländerecke, à la quasi jonction de l’Allemagne, de la Tchéquie et de la Pologne.
Dans la gare de (…) -
Shibuya / Under Control
Chaque fois que je débarque à Shibuya, je me dis : "Je suis à Tokyo".
Il y a tout. Les écrans géants qui diffusent la publicité en continu ; les magasins sur quatorze étages, où les Japonaises dans le vent trouvent les fringues qui seront à la mode la semaine suivante ; la foule massée le long du trottoir en attendant de traverser. Shibuya, c’est Tokyo, c’est le Japon, c’est le monde. La (…)
Carnets de Côte d’ivoire
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De retour de Côte d’ivoire
Après ces quelques semaines en Afrique et l’écriture de ce carnet de bord, je commence l’écriture des films que j’aimerais y faire.... Presque deux ou trois projets....
J’aimerais rencontrer des (…) -
Dernier jour en Côte d’ivoire
Nous voici à l’aéroport. Il est une heure du matin. Les passagers pour Casablanca embarquent. Dans une heure nous nous envolons. L’atmosphère est très calme. On vient de saluer les parents et les (…)
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Abidjan - l’art des mots
La fin du voyage approche alors que nous commençons seulement à nous habituer et à aimer nos levers à 6 heures du matin.
Nous avons parcouru la ville. J’aurais bien voulu aller au zoo d’Abidjan (…)
Les carnets de Tieri Briet
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Albania, Albania ! (V. Epilogue)
Ne pleure pas sur la Grèce, — quand on croit qu’elle va fléchir, le couteau contre l’os et la corde au cou,
La voici de nouveau qui s’élance, impétueuse et sauvage, pour harponner la bête avec (…) -
Albania, Albania ! (IV. de Mostar à Paris)
Ne pleure pas sur la Grèce, — quand on croit qu’elle va fléchir, le couteau contre l’os et la corde au cou,
La voici de nouveau qui s’élance, impétueuse et sauvage, pour harponner la bête avec (…) -
Albania, Albania ! (III. de Dubrovnik à Sarajevo)
Ne pleure pas sur la Grèce, — quand on croit qu’elle va fléchir, le couteau contre l’os et la corde au cou,
La voici de nouveau qui s’élance, impétueuse et sauvage, pour harponner la bête avec (…)